Vous venez peut-être de découvrir dans un DCE une annexe « déclaration de l’usage de l’intelligence artificielle ». C’est encore rare, mais le signal se diffuse. Une attestation IA marché public peut surprendre au moment de monter le dossier. Faut-il la signer ? Si vous avez préparé votre mémoire avec ChatGPT ou Claude, encore faut-il savoir quoi déclarer.
La bonne nouvelle : ce n’est pas un piège pour éliminer les candidats. L’acheteur veut surtout sécuriser son marché. Il regarde quel outil a été utilisé, avec quelles données. Il s’assure que le titulaire restera responsable de ce qu’il exécute. Dans cet article, on vous dit ce que l’acheteur regarde vraiment. On vous montre pourquoi le vrai risque n’est pas l’IA, mais l’engagement que personne n’a relu. Et comment répondre proprement à l’annexe. Direction la pratique ! 🌱
En bref :
- Une attestation IA marché public demande de déclarer votre usage de l’IA : outil utilisé, finalité, données du marché mobilisées, signature et cachet.
- Le vrai risque n’est pas d’utiliser l’IA : c’est de déposer un mémoire dont personne n’a validé les engagements.
- Si l’annexe IA exigée par le DCE manque, l’offre peut être jugée incomplète, donc irrégulière (article L2152-2 du Code de la commande publique).
- L’AI Act n’impose pas, à lui seul, de déclarer l’IA dans une offre de marché public : c’est le DCE qui fait foi.

Réponse courte : l’IA n’exonère jamais l’entreprise de ce qu’elle signe
Même si un mémoire technique a été rédigé avec l’aide d’une IA, l’entreprise reste responsable de son contenu. Les méthodes, délais, moyens et livrables annoncés peuvent devenir contractuels une fois l’offre déposée. Le danger n’est donc pas l’outil. C’est de remettre un document que personne n’a réellement relu, validé et maîtrisé.
Cette responsabilité n’a rien de nouveau. Ce qui change avec l’IA, c’est la vitesse. Un outil produit en quelques minutes un mémoire très convaincant. Personne n’a le temps de le vérifier. Or l’acheteur note un document, pas un outil. Pour voir ce qu’un dossier attendu contient vraiment, étudiez un exemple de réponse à un appel d’offres. Chaque engagement y est soutenu par une démonstration, pas par une généralité. 🎯
Qui relit réellement votre mémoire avant le dépôt ? Si la réponse est « personne », c’est précisément le risque que l’annexe IA révèle au grand jour. (et personne ne viendra vérifier à votre place)

Qu’est-ce qu’une attestation IA marché public ?
Une attestation IA marché public est une annexe au DCE. Elle demande au candidat d’indiquer s’il utilise des outils d’intelligence artificielle, pour préparer son offre ou exécuter le marché. En cas de recours, il précise l’outil utilisé, la finalité et les données du marché mobilisées. Il signe ensuite et appose son cachet.
Concrètement, nous avons vu ce document dans un DCE réel. L’annexe proposait deux cases : « ne pas avoir recours à l’IA » ou « avoir recours à l’IA ». En cas de recours, il fallait déclarer l’outil, la finalité et les données du marché, puis signer avec cachet. Le CCAP contenait en parallèle une clause « conditions d’utilisation de l’IA », qui encadre surtout l’exécution.
Elle impose notamment :
- déclarer tout nouvel usage significatif de l’IA à l’acheteur ;
- garantir la responsabilité du titulaire sur l’exactitude des livrables ;
- conserver une traçabilité des décisions ou actions automatisées ;
- ne pas divulguer les données ou méthodes sensibles de l’acheteur ;
- respecter le RGPD.
Vous comprenez donc pourquoi l’annexe existe : elle prépare l’exécution, pas seulement la notation. Hé oui ! L’acheteur pense déjà au chantier quand vous pensez encore à la note. 🏗️
Notre guide pour rédiger un mémoire technique avec l’IA détaille une méthode en quatre étapes. Il montre quand l’IA peut aider à produire un bon dossier. L’annexe ne vient pas l’interdire : elle vient exiger que vous gardiez la main.

Ce que l’acheteur cherche à éviter avec cette clause
L’acheteur ne cherche pas à punir l’usage de l’IA. Il cherche à éviter six situations précises, listées ci-dessous.
- Des données sensibles du marché envoyées dans un outil dont personne ne contrôle la réutilisation.
- Un mémoire technique généré mais non contrôlé : personne n’a vérifié ce qu’il annonce.
- Des engagements irréalistes : des délais, moyens ou méthodes que l’entreprise ne pourra pas tenir.
- Des livrables inexacts : des informations erronées qui fausseront l’exécution du marché.
- Une absence de traçabilité : impossible de savoir quelle décision a été prise, et comment.
- Un candidat qui se déresponsabilise en répondant « c’est l’IA qui a fait ça ».
Vue comme ça, la clause protège la qualité de l’exécution autant qu’elle vous encadre. Mais elle a une conséquence directe. Si vous cochez « recours à l’IA », tout ce que vous déclarez doit être vrai et vérifiable. Ça vous paraît simple ? C’est là que les choses se compliquent. 🔍

Le vrai risque : des engagements contractuels non relus
Le danger principal d’un mémoire généré par IA, ce n’est pas le texte générique. C’est l’engagement non relu. L’IA peut proposer une méthode très avantageuse, des délais courts, un reporting. Elle peut promettre des moyens ou des livrables que l’entreprise ne pratique pas réellement. Une fois l’offre déposée, ce que promet le mémoire peut être opposé à l’entreprise. Surtout quand le règlement de consultation ou le CCAP lui donnent une valeur contractuelle. L’attestation IA marché public n’invente rien. Elle révèle l’écart entre ce que le mémoire promet et ce que l’entreprise maîtrise réellement. 🤖
Posez-vous la question concrète : que promet votre mémoire ? Des délais d’intervention, des effectifs dédiés, des certifications, une méthodologie, des garanties de qualité ? Chaque phrase de ce type est un engagement que vous devrez assumer si vous gagnez. Une IA ne sait pas ce que votre entreprise fait réellement : elle écrit ce qui paraît le plus convaincant. Vous voyez le piège ? C’est vous, pas l’outil, qui serez tenu d’exécuter.
C’est exactement le sujet de notre article sur un mémoire technique qui manque de preuves. Un engagement sans preuve ne marque pas de point. Un engagement irréaliste est pire : il engage l’entreprise sur du vide. La relecture ne consiste pas à vérifier l’orthographe. Elle consiste à vérifier que chaque promesse est vraie, datée et faisable.

Les autres risques : texte générique, hallucinations, confidentialité
Outre les engagements non relus, un usage mal maîtrisé de l’IA présente trois autres risques. Un texte générique qui ne répond pas au CCTP. Des références ou données inventées. Des données sensibles injectées dans un outil grand public, avec des conséquences possibles au titre du RGPD.
Le texte générique, d’abord. Une réponse qui pourrait s’appliquer à n’importe quel marché n’enlève aucun point. Mais elle ne vous fera pas gagner. Ensuite, l’hallucination. Une IA peut citer une norme, une référence client ou un chiffre qui n’existe pas. Une information trompeuse dans une offre est un manquement visé par l’article L2141-8 du Code de la commande publique. Il sanctionne les informations de nature à influencer les décisions d’attribution. Enfin, la confidentialité. Prix, plans, CV ou références clients dans un outil grand public : c’est de la matière que vous ne contrôlez plus. 🔐
Pour éviter références inventées et texte générique, nos cinq erreurs classiques avec ChatGPT sur un appel d’offres listent les pièges. Promettre trop, ne pas vérifier, envoyer des données sensibles, oublier la relecture métier.

Comment répondre à une annexe IA dans le DCE ?
Pour répondre à une attestation IA marché public, lisez la clause du CCAP. Listez les outils réellement utilisés, décrivez leur finalité. Identifiez les données du marché mobilisées. Enfin, faites valider le mémoire par une personne responsable.
- ✅ Lisez la clause du CCAP et du règlement de consultation : ce qu’elle demande et ce qu’elle implique pour l’exécution.
- ✅ Listez les outils utilisés : ChatGPT, Claude, Copilot, un logiciel métier, une IA intégrée à un outil de réponse.
- ✅ Décrivez la finalité : synthèse, reformulation, structuration, vérification, recherche de sources.
- ✅ Identifiez les données utilisées : DCE, CCTP, votre mémoire, vos références, vos prix, vos CV.
- ✅ Vérifiez qu’aucune donnée sensible n’a été transmise à l’outil sans cadre de protection.
- ✅ Gardez la trace du contrôle humain : qui a relu, qui a validé, quand, sur quelle version.
- ✅ Faites valider le mémoire par le dirigeant ou le responsable des réponses avant dépôt.
Une réponse à une annexe IA n’est pas un exercice de confession. C’est une pièce du dossier, au même titre que le DC1 ou le mémoire. Si vous avez utilisé une IA avec méthode, vous la déclarez sereinement, en précisant outil, finalité et données. Rappelons la règle : une offre qui ne respecte pas les exigences de la consultation est irrégulière. Elle l’est notamment si elle est incomplète (article L2152-2 du Code de la commande publique). Une annexe exigée et oubliée rend l’offre incomplète, donc exposée. 📋

L’AI Act change-t-il quelque chose ?
Depuis le 2 août 2026, l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 impose des obligations de transparence. Elles portent sur les contenus générés ou manipulés par IA, comme les deepfakes ou les textes publiés pour informer le public. En revanche, il ne crée pas d’obligation générale de déclarer l’usage de l’IA dans une offre. Dans un appel d’offres, c’est le DCE qui fait foi.
Beaucoup d’entreprises s’inquiètent de l’AI Act au moment de remplir une annexe IA. Rappelons ce que dit le texte : le règlement (UE) 2024/1689 impose déjà une culture IA aux organisations. Il est entré en vigueur le 1er août 2024. Son article 50 durcit la transparence à partir du 2 août 2026. Il faut signaler les contenus artificiels quand ils sont publiés pour informer le public. Sauf relecture et responsabilité éditoriale humaine.
Traduction pour un candidat : l’AI Act ne vous oblige pas, en soi, à déclarer votre usage de l’IA. Même si votre mémoire a été aidé par une IA. Si l’acheteur le demande dans le DCE, en revanche, vous répondez. Et si vous publiez des contenus générés par IA (blog, réseaux sociaux, communications), les obligations de transparence de 2026 peuvent s’appliquer. Pour rester à jour, notre panorama IA et appels d’offres publics 2026 fait le point sur ce qui change vraiment.

La méthode Odécia : utiliser l’IA sans perdre le contrôle
La méthode Odécia repose d’abord sur un socle de données d’entreprise. Vos chantiers réels, vos moyens, vos certifications et vos méthodes sont structurés, vérifiés et tenus à jour. Pour être bien compris par une IA. Ce socle permet à l’IA de s’appuyer sur des données internes. Elle personnalise vraiment votre mémoire, au lieu de produire un texte générique qui s’appliquerait à n’importe quel marché.
Une fois le mémoire produit par l’IA, les contrôles sont précis. Chez Odécia, on identifie les clauses, les délais et les moyens qui engagent l’entreprise. On les confronte à la réalité du terrain. On vous dit ensuite exactement ce qu’il vous reste à vérifier avant le dépôt. L’IA accélère, l’entreprise décide : personne d’autre qu’elle ne devra assumer ce qui est écrit. 🛡️
Cette logique vaut quel que soit le format du dossier. Un mémoire technique de bâtiment bien structuré reste plus fiable qu’un texte généré à neuf. Vous l’adaptez marché par marché : le socle de données s’y incarne, et la relecture devient rapide. (on vous l’avait dit ;))

Comment Odécia peut vous aider
Notre accompagnement commence par une relecture complète de votre mémoire technique. On repère les risques potentiels, c’est-à-dire les engagements que l’entreprise pourrait ne pas tenir. On remonte ce qui est risqué et on vous explique comment le dérisquer. Enfin, on vérifie que chaque point a bien été relu et validé par l’entreprise.
Quand nous refondons votre mémoire, l’objectif est double. Vous repartez avec un document structuré pour l’IA. Il peut servir sur tous vos appels d’offres, en fonction de leurs critères d’évaluation. Et surtout, il met le doigt sur ce qu’il faut vérifier en amont. Pour ne jamais prendre un engagement que vous ne pourriez pas tenir. Parlez-nous de votre mémoire, on vous dit ce qui engage vraiment. 💼

Conclusion
Une attestation IA marché public n’est ni une interdiction, ni un piège. C’est un signal : l’acheteur veut un dossier maîtrisé et un titulaire responsable. Le bon réflexe est simple. Lisez la clause, déclarez sincèrement. Et surtout, relisez votre mémoire comme un document contractuel, pas comme un brouillon. 🚀
L’IA peut vous faire gagner un temps précieux, à condition que quelqu’un valide chaque engagement qu’elle propose. Si personne ne le fait chez vous, c’est le point à régler avant le prochain dépôt. N’est-ce pas plus rassurant de savoir exactement ce que vous signez ?
