Vous voyez de plus en plus de clauses sociales dans les marchés publics que vous ciblez ? C’est tout à fait normal. Depuis quelques années, les acheteurs publics intègrent systématiquement des exigences d’insertion dans leurs consultations. Et attention : à partir du 22 août 2026, cette pratique devient une obligation légale pour tous les marchés supérieurs aux seuils européens 📋.
Chez Odécia, on accompagne des dizaines d’entreprises chaque année sur ce sujet. Et on constate que beaucoup de candidats passent à côté de marchés faute de bien comprendre ces clauses. Pourtant, avec la bonne méthode, elles peuvent même devenir un atout pour se démarquer !
Dans ce guide, on vous explique concrètement ce qu’est une clause sociale, comment elle fonctionne, et surtout comment y répondre efficacement. Direction les bonnes pratiques pour transformer cette contrainte en opportunité 🎯.
Qu’est-ce qu’une clause sociale en marché public ?
Une clause sociale est une condition d’exécution imposée par l’acheteur public qui oblige le titulaire du marché à consacrer une partie des heures de travail générées par le contrat à des actions d’insertion professionnelle. Autrement dit, vous devez réserver un volume d’heures pour des personnes éloignées de l’emploi.
Cette disposition est prévue par les articles L.2112-2 à L.2112-4 du Code de la commande publique. Elle s’inscrit dans une logique de développement durable, aux côtés des critères RSE et environnementaux qui se généralisent dans les appels d’offres.
Hé oui ! Contrairement aux critères RSE qui influencent la notation de votre offre, la clause sociale s’applique pendant la réalisation du marché. Elle figure généralement dans le CCAP ou dans les conditions particulières du marché.
Les différents types de clauses sociales
On distingue plusieurs formes de considérations sociales dans les marchés publics. Voici les principales :
- Clause d’insertion professionnelle : la plus courante, elle impose un nombre d’heures réservées aux publics éloignés de l’emploi
- Clause égalité femmes-hommes : favorise la mixité sur les chantiers et dans les équipes
- Clause achat équitable : privilégie les produits issus du commerce équitable
- Clause favorisant l’économie sociale et solidaire : encourage le recours aux structures de l’ESS
Dans cet article, on se concentre sur la clause d’insertion professionnelle, de loin la plus répandue dans les marchés de travaux et de services 🏗️.
L’obligation légale au 22 août 2026 : ce qui change
Jusqu’à présent, l’intégration de clauses sociales relevait du choix de l’acheteur. Mais la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 (article 35) a tout changé. Elle rend obligatoire l’insertion de considérations sociales dans tous les marchés supérieurs aux seuils européens.
Concrètement, à partir du 22 août 2026, les acheteurs devront prévoir des conditions d’exécution prenant en compte des considérations relatives au domaine social ou à l’emploi. C’est l’article L.2112-2-1 du Code de la commande publique qui pose cette nouvelle règle.
Vous répondez à des marchés dépassant les seuils de procédure formalisée ? Alors préparez-vous dès maintenant. Cette obligation va se généraliser et les acheteurs anticipent déjà cette échéance (on le voit bien dans les consultations qu’on traite ;)).
Les seuils concernés en 2026
L’obligation s’applique aux marchés dépassant les seuils européens, soit :
- Travaux : 5 538 000 € HT
- Fournitures et services (État) : 143 000 € HT
- Fournitures et services (collectivités) : 221 000 € HT
Cela dit, de nombreux acheteurs intègrent déjà des clauses sociales bien en dessous de ces seuils, notamment pour les marchés de travaux à partir de 50 000 € HT. Ne soyez donc pas surpris d’en rencontrer régulièrement 📌.
Maîtriser les nouvelles obligations des marchés publics
Les publics éligibles aux clauses d’insertion
Qui sont les personnes que vous pouvez recruter pour respecter votre clause sociale ? Le Code de la commande publique définit les publics éligibles. Ils correspondent aux personnes rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi.
Voici la liste des profils généralement retenus :
- Demandeurs d’emploi de longue durée : inscrits depuis plus de 12 mois à France Travail (ex-Pôle emploi)
- Jeunes de moins de 26 ans : sans qualification ou en grande difficulté d’insertion
- Bénéficiaires du RSA : ou autres minima sociaux (ASS, AAH)
- Travailleurs handicapés : reconnus par la MDPH
- Personnes sous main de justice : détenus ou sortants de prison
- Résidents de quartiers prioritaires : zones QPV définies par la politique de la ville
L’éligibilité doit être vérifiée au moment du recrutement. Pas de panique : le facilitateur ou les structures d’insertion vous accompagnent dans cette vérification ✅.
Comment répondre à un marché avec clause sociale ?
Passons aux choses sérieuses ! Vous avez repéré un marché avec une clause d’insertion dans le DCE. Comment vous y prendre pour répondre correctement ?
Étape 1 : analyser les exigences du CCAP
Commencez par identifier précisément ce que demande l’acheteur. Dans le CCAP, vous trouverez généralement :
- Le nombre d’heures d’insertion exigé (ou un pourcentage du temps de travail)
- Les publics éligibles acceptés
- Les modalités de mise en œuvre autorisées
- Les coordonnées du facilitateur
- Les pénalités en cas de non-respect
Logique, non ? Plus vous comprenez les attentes, mieux vous pourrez y répondre. N’hésitez pas à poser des questions via la plateforme de dématérialisation si certains points restent flous 🤔.
Étape 2 : contacter le facilitateur
Le facilitateur est votre meilleur allié ! Ce professionnel, généralement issu d’une Maison de l’Emploi ou d’un PLIE (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi), a pour mission de vous accompagner gratuitement dans la mise en œuvre de la clause.
Ses coordonnées figurent dans le CCAP. Contactez-le dès la phase de réponse pour :
- Valider la faisabilité de la clause sur votre territoire
- Identifier les profils disponibles correspondant à vos besoins
- Choisir la modalité la plus adaptée à votre entreprise
- Préparer votre mémoire social si demandé
Sur le terrain, on observe que les entreprises qui sollicitent le facilitateur en amont rencontrent beaucoup moins de difficultés pendant l’exécution du marché (et croyez-nous, ça fait la différence) !
Télécharger un exemple de mémoire technique
Les 4 modalités pour respecter la clause d’insertion
Vous avez plusieurs options pour réaliser les heures d’insertion demandées. Chaque modalité a ses avantages selon votre organisation et vos besoins en main-d’œuvre.
1. L’embauche directe
Vous recrutez directement une personne éligible en CDD ou CDI. C’est la solution la plus engageante mais aussi la plus valorisée par les acheteurs. Les heures réalisées sont comptabilisées pendant maximum 2 ans à compter de l’embauche.
2. La mise à disposition de personnel
Vous faites appel à une structure spécialisée qui vous met à disposition du personnel en insertion. Plusieurs types d’organismes peuvent intervenir :
- ETTI : Entreprise de Travail Temporaire d’Insertion
- AI : Association Intermédiaire
- GEIQ : Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification
Cette solution offre plus de souplesse : la structure gère les aspects RH et l’accompagnement social du salarié 👷.
3. La sous-traitance ou co-traitance avec une SIAE
Vous confiez une partie du marché à une Structure d’Insertion par l’Activité Économique (SIAE). Il peut s’agir d’une Entreprise d’Insertion (EI), d’un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) ou d’une Entreprise Adaptée (EA).
Cette option est particulièrement intéressante si vous manquez de temps pour gérer vous-même l’insertion. Pensez à bien remplir le formulaire DC4 pour déclarer votre sous-traitant.
4. Les marchés réservés
Certains marchés sont entièrement réservés aux structures d’insertion. Si vous êtes une SIAE ou une EA, c’est une opportunité à saisir. Et si vous êtes une entreprise classique, vous pouvez répondre en groupement avec une structure d’insertion.
Le calcul des heures d’insertion : méthodes et exemples
Comment l’acheteur détermine-t-il le nombre d’heures d’insertion exigé ? Deux méthodes coexistent.
Méthode par pourcentage
L’acheteur fixe un pourcentage du temps de production total à consacrer à l’insertion. Généralement entre 5% et 10% des heures travaillées sur le chantier.
Par exemple, pour un marché de travaux estimé à 3 000 heures de main-d’œuvre avec une clause à 5%, vous devrez réaliser 150 heures d’insertion.
Méthode par montant
Certains acheteurs utilisent un ratio heures/euros. Par exemple : 1 heure d’insertion pour 10 000 € HT de marché. Un marché de 500 000 € HT génère alors 50 heures d’insertion.
Dans votre mémoire technique, décrivez précisément comment vous comptez atteindre cet objectif. C’est un élément souvent négligé par les candidats, alors qu’il peut faire la différence 💡.
La globalisation des heures : une souplesse bienvenue
Bonne nouvelle pour les entreprises actives sur les marchés publics ! Si vous êtes titulaire de plusieurs marchés avec clause sociale sur un même bassin d’emploi, vous pouvez demander la globalisation des heures d’insertion.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez recruter une seule personne et répartir son temps de travail sur vos différents chantiers clausés. Cette disposition est prévue par les CCAG (article 20.1.3 du CCAG-Travaux).
- Avantage pour le salarié : un parcours d’insertion plus long et plus stable
- Avantage pour l’entreprise : une gestion RH simplifiée
- Condition : les marchés doivent concerner le même acheteur ou le même territoire
Pour en bénéficier, faites-en la demande auprès du facilitateur qui validera l’opportunité de cette globalisation ➡️.
Les pénalités en cas de non-respect
Que se passe-t-il si vous ne réalisez pas les heures d’insertion prévues ? L’acheteur peut appliquer des pénalités financières. Le montant est fixé dans le CCAP, généralement entre 50 € et 100 € par heure non réalisée.
Cependant, les CCAG prévoient des garde-fous. Vous n’êtes pas pénalisé si :
- Vous avez informé l’acheteur des difficultés rencontrées
- Le facilitateur n’a pas trouvé de solution malgré vos efforts
- Les circonstances étaient indépendantes de votre volonté
L’erreur qu’on observe le plus souvent ? Des entreprises qui attendent la fin du chantier pour s’inquiéter de leurs heures d’insertion. Mauvaise stratégie ! Communiquez régulièrement avec le facilitateur pour anticiper tout problème ⚠️.
Valoriser vos engagements sociaux dans votre offre
Au-delà du respect de la clause obligatoire, vous pouvez utiliser vos engagements sociaux comme un véritable argument commercial. De plus en plus d’acheteurs intègrent un critère RSE dans la notation des offres.
Dans votre mémoire technique, mettez en avant :
- Vos expériences passées en matière d’insertion (heures réalisées, parcours accompagnés)
- Vos partenariats avec des structures d’insertion locales
- Votre politique RH en faveur de la diversité et de l’inclusion
- Les formations proposées aux personnes en insertion
Vous voyez où on veut en venir ? La clause sociale n’est plus une contrainte subie mais une opportunité de différenciation. Les entreprises qui l’ont compris remportent davantage de marchés 🥳.
Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Conclusion : anticiper pour mieux réussir
Les clauses sociales en marché public vont se généraliser avec l’échéance du 22 août 2026. Pour les entreprises, c’est le moment de structurer leur démarche d’insertion.
Les points essentiels à retenir 📋 :
- Analysez systématiquement le CCAP pour identifier les exigences
- Contactez le facilitateur dès la phase de réponse
- Choisissez la modalité la plus adaptée à votre organisation
- Valorisez vos engagements dans votre mémoire technique
- Communiquez régulièrement pendant l’exécution
Avec la bonne méthode, la clause sociale devient un atout pour décrocher des marchés tout en contribuant à l’insertion des publics éloignés de l’emploi. Une vraie démarche gagnant-gagnant !





