SOGED : Guide complet pour les marchés publics de travaux

30 décembre 2025 Sébastien Kvot

Vous devez rédiger un SOGED pour votre prochain marché public de travaux et vous ne savez pas par où commencer ? Vous n’êtes pas seul ! Ce document technique fait partie des pièces les plus demandées… et pourtant, peu d’entreprises savent vraiment le rédiger correctement. 🗑️

Chez Odécia, après avoir accompagné des centaines d’entreprises du BTP, on a constaté que le SOGED est souvent bâclé ou générique. Résultat : des points perdus sur les critères environnementaux, voire une offre jugée irrégulière. Pas top, pas vrai ?

Au menu de cet article : tout ce qu’il faut savoir sur le Schéma d’Organisation et de Gestion des Déchets. Définition, cadre réglementaire, contenu attendu, méthodologie de rédaction et même un exemple commenté pour vous inspirer. Bref, de quoi produire un SOGED qui fera la différence auprès de l’acheteur ! 🎯

Infographie SOGED : définition, enjeux et les 5 piliers d'un SOGED gagnant pour appels d'offres BTP

Qu’est-ce qu’un SOGED ?

Le SOGED, c’est le Schéma d’Organisation et de Gestion des Déchets. En clair, c’est un document qui explique comment votre entreprise va gérer les déchets produits sur le chantier. Simple à comprendre, mais pas si simple à rédiger… Vous allez voir pourquoi 😏.

Ce document répond à plusieurs questions que se pose l’acheteur public :

  • Quels types de déchets seront produits sur le chantier ?
  • En quelles quantités estimez-vous ces déchets ?
  • Comment organiserez-vous le tri sur le site ?
  • Vers quelles filières seront-ils évacués ?
  • Comment assurerez-vous la traçabilité des déchets ?

Le SOGED fait partie de la famille des documents techniques BTP, au même titre que le PAQ (Plan d’Assurance Qualité) ou le PPSPS. Il s’intègre généralement dans votre mémoire technique ou constitue une annexe distincte.

💡 Astuce terrain : Ne confondez pas le SOGED avec la notice environnementale ! Le SOGED se concentre uniquement sur les déchets, tandis que la notice environnementale couvre l’ensemble des impacts (bruit, poussières, eau, etc.).

Différence entre SOGED et SOSED

Ces deux acronymes sont souvent confondus, et c’est normal ! Ils sont complémentaires mais correspondent à deux phases différentes du marché. Hé oui, c’est une subtilité importante à maîtriser ! Voyons cela de plus près.

Le SOGED (Schéma d’Organisation et de Gestion des Déchets) est le document prévisionnel. Vous le remettez avec votre offre et il décrit ce que vous comptez faire. C’est une promesse, un engagement sur votre organisation future. En somme, c’est votre plan de bataille pour la gestion des déchets 📋.

Le SOSED (Schéma d’Organisation et de Suivi de l’Élimination des Déchets), en revanche, c’est le document de suivi. Vous l’utilisez pendant l’exécution du marché pour tracer ce que vous avez réellement fait. Il reprend la structure du SOGED et y ajoute les preuves : bordereaux de suivi des déchets (BSD), factures des centres de traitement, attestations.

Schéma comparatif montrant la différence entre le SOGED document prévisionnel et le SOSED document de suivi

Concrètement, le SOSED permet à l’acheteur de vérifier que vous avez tenu vos engagements. C’est la preuve concrète de votre démarche environnementale. Les maîtres d’ouvrage y sont de plus en plus attentifs, surtout sur les marchés publics importants (et croyez-nous, ils épluchent ces documents !).

📌 À retenir : Le SOGED engage vos intentions, le SOSED prouve vos actions. En fin de chantier, le SOSED fait partie du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés).

Pourquoi le SOGED est-il demandé ?

Les acheteurs publics sont de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux. La gestion des déchets de chantier, ce n’est plus une option, c’est une obligation ! Et le SOGED leur permet de vérifier que vous avez intégré cette dimension dans votre organisation. Logique, non ? 🌱

Mais ce n’est pas tout. Dans de nombreux marchés, le SOGED constitue un critère de notation à part entière. Un SOGED détaillé et cohérent peut vous faire gagner des points précieux sur les critères environnementaux. À l’inverse, un document bâclé ou générique vous pénalisera forcément.

L’erreur qu’on observe le plus souvent ? Des entreprises qui copient-collent le même SOGED d’un marché à l’autre sans l’adapter. Les acheteurs expérimentés repèrent ça immédiatement. Et franchement, ça fait mauvaise impression… C’est comme si vous leur disiez que leur projet ne mérite pas un effort particulier 😬.

Autre point important : le SOGED démontre votre maturité en matière de développement durable. Dans un contexte où les critères d’évaluation intègrent de plus en plus la dimension RSE, c’est un atout non négligeable pour vous démarquer de la concurrence.

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Le cadre réglementaire du SOGED

Avant de vous lancer dans la rédaction, vous devez comprendre le cadre légal qui encadre la gestion des déchets de chantier. Pas de panique, on vous fait le tour en quelques minutes ! Direction les textes essentiels 🚀.

La loi AGEC et le tri 7 flux

La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) de février 2020 a considérablement renforcé les exigences. Vous pouvez consulter le texte complet sur Légifrance. Depuis le 1er janvier 2022, tous les producteurs de déchets doivent trier 7 catégories de matériaux à la source. Exit le bac « tout-venant » !

Ces 7 flux, les voici :

  • Papier/carton : emballages, cartons de livraison
  • Métal : chutes de ferraille, boîtes de conserve
  • Plastique : films, bidons, emballages
  • Verre : vitrage cassé, bouteilles
  • Bois : palettes, chutes de menuiserie
  • Fractions minérales : gravats, béton, briques
  • Plâtre : plaques, carreaux

Cette obligation s’applique à toutes les entreprises du BTP, quelle que soit leur taille. En pratique, cela signifie que votre SOGED doit prévoir une organisation de tri permettant de séparer ces 7 catégories sur le chantier. C’est un changement majeur par rapport aux pratiques d’avant 2022 💡.

⚠️ Attention : Le non-respect du tri 7 flux expose l’entreprise à des sanctions pouvant aller jusqu’à 75 000 €. Mentionner explicitement cette organisation dans votre SOGED rassure l’acheteur sur votre conformité réglementaire !

Le CCAG Travaux 2021

Le CCAG Travaux 2021 consacre ses articles 36 à 38 à la gestion des déchets de chantier. Vous pouvez consulter l’arrêté du 30 mars 2021 sur Légifrance. Concrètement, qu’est-ce que ça dit ?

L’article 36 impose au titulaire d’éliminer les déchets conformément à la réglementation en vigueur. L’article 37 précise les obligations de traçabilité, notamment la fourniture des bordereaux de suivi. Et l’article 38 traite de la valorisation des déchets, avec un objectif de 70 % minimum pour les déchets non dangereux non inertes.

Infographie présentant les 4 textes réglementaires encadrant le SOGED : loi AGEC, CCAG Travaux, décret traçabilité et RE2020

Ces dispositions s’appliquent par défaut à tous les marchés publics de travaux (sauf dérogation dans le CCAP). Votre SOGED doit donc démontrer que vous maîtrisez ces obligations contractuelles. Vous voyez où on veut en venir ? Un SOGED bien rédigé, c’est la preuve que vous connaissez vos obligations 📝.

🎯 Ce que les acheteurs regardent : La référence explicite aux articles du CCAG Travaux dans votre SOGED. Ça démontre votre connaissance du cadre contractuel !

Le décret traçabilité 2021

Le décret 2021-321 du 25 mars 2021 a instauré de nouvelles règles de traçabilité pour les déchets du BTP. Depuis le 1er janvier 2022, certains déchets doivent faire l’objet d’un suivi dématérialisé obligatoire :

  • Déchets dangereux : peintures, solvants, amiante
  • Déchets d’amiante : traçabilité renforcée
  • Certains déchets non dangereux : selon les seuils

En pratique, vous devez renseigner les bordereaux de suivi des déchets (BSD) sur la plateforme Trackdéchets. C’est l’outil national de traçabilité des déchets dangereux. Mentionner votre inscription et votre utilisation de cet outil dans le SOGED renforce considérablement votre crédibilité auprès de l’acheteur 🎯.

Entre nous : beaucoup d’entreprises ignorent encore cette obligation ou la négligent. En la mettant en avant dans votre SOGED, vous vous démarquez immédiatement de la concurrence (et oui, c’est du vécu !).

La RE2020 et l’impact carbone

La RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) intègre désormais les déchets dans le calcul de l’empreinte carbone des bâtiments. Vous pouvez consulter les détails sur le site du Ministère de la Transition écologique. La valorisation des déchets contribue à réduire cet impact global.

Autrement dit, un SOGED qui privilégie le réemploi et le recyclage s’inscrit dans cette logique vertueuse. C’est un argument de poids pour les marchés qui intègrent des critères carbone ! Les maîtres d’ouvrage publics sont de plus en plus sensibles à cette dimension, notamment pour les constructions neuves soumises à la RE2020.

Que doit contenir un SOGED ?

Passons aux choses sérieuses ! Un SOGED complet et convaincant doit couvrir plusieurs aspects. Voici les rubriques essentielles à développer dans votre document. On vous détaille tout ça point par point 📋.

L’identification des types de déchets

Première étape : lister tous les types de déchets que le chantier va générer. Cette identification doit être réaliste et adaptée à la nature des travaux. Pas question de copier-coller un document générique ! Chaque chantier est unique, et votre SOGED doit le refléter.

On distingue généralement trois grandes catégories :

  • Déchets inertes : gravats, béton, briques, terres non polluées, tuiles, céramiques
  • Déchets non dangereux : bois, métal, plastique, plâtre, emballages, isolants minéraux
  • Déchets dangereux : peintures, solvants, amiante, huiles, produits chimiques, DEEE

Pour chaque catégorie, détaillez les déchets spécifiques que votre lot va générer. Un lot gros œuvre produit principalement des gravats et du béton. Un lot peinture génère des pots, des solvants et des bâches souillées. Un lot électricité produit des chutes de câbles et des emballages. Vous voyez la logique ? 💡

💡 Notre conseil terrain : Soyez précis dans cette identification ! Consultez le CCTP pour identifier les matériaux mis en œuvre. Chaque matériau génère potentiellement un déchet. Cette analyse fine démontre votre compréhension du chantier.

L’estimation des quantités

Pour chaque type de déchet identifié, vous devez estimer les quantités prévisionnelles. Cette estimation peut s’exprimer en tonnes, en mètres cubes ou en nombre de bennes. L’essentiel est d’être cohérent et réaliste dans vos estimations.

Comment faire ? Appuyez-vous sur votre expérience de chantiers similaires. Des ratios existent également par type de travaux. Par exemple :

  • Démolition : environ 1,2 tonne de déchets par m² démoli
  • Rénovation légère : 20 à 50 kg par m² rénové
  • Construction neuve : 40 à 60 kg par m² construit
  • Second œuvre : 15 à 30 kg par m² traité

Attention, piège fréquent ici ! Ne sous-estimez pas les quantités pour minimiser les coûts apparents. Les acheteurs connaissent ces ratios et une estimation irréaliste révèle un manque de maîtrise technique. Pire, elle peut être interprétée comme une tentative de minimiser les coûts environnementaux de votre offre 😬.

À l’inverse, une estimation légèrement supérieure à la réalité démontre votre prudence et votre professionnalisme. Mieux vaut prévoir large et ajuster ensuite que l’inverse !

Checklist des 5 rubriques essentielles à inclure dans un SOGED : déchets, quantités, filières, tri et traçabilité

Les filières de traitement

Chaque type de déchet doit être orienté vers une filière adaptée. Identifiez les centres de traitement que vous comptez utiliser et précisez :

  • Leur localisation : distance depuis le chantier (en km)
  • Leur agrément : autorisation préfectorale, certifications ICPE
  • Le type de traitement : recyclage, valorisation énergétique, enfouissement
  • Les capacités : peuvent-ils absorber vos volumes ?

Privilégiez les filières locales pour réduire l’impact environnemental du transport. Un objectif de 70 % de valorisation matière est conforme aux objectifs européens et au CCAG Travaux. Vous pouvez viser plus haut pour vous démarquer ! 🌱

🎯 Entre nous : Les acheteurs apprécient les entreprises qui nomment explicitement leurs prestataires déchets. Ça démontre que vous avez fait vos recherches et que votre organisation est concrète, pas théorique.

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L’organisation du tri sur site

Décrivez concrètement comment le tri sera organisé sur le chantier. Les acheteurs veulent du concret, pas des généralités ! Cette section est souvent la plus scrutée car elle révèle votre capacité à mettre en œuvre vos engagements.

Précisez les éléments suivants :

  • Nombre de bennes : combien et de quelle capacité (8 m³, 15 m³, 30 m³) ?
  • Signalétique : comment seront-elles identifiées (couleurs, pictogrammes) ?
  • Emplacement : où seront-elles positionnées sur le chantier ?
  • Rotation : à quelle fréquence seront-elles évacuées ?
  • Responsable : qui supervise le tri au quotidien ?

Pensez également à la sensibilisation des équipes. Une réunion de démarrage avec explication des consignes de tri, c’est un plus à mentionner. Des affichages rappelant les règles près des bennes, c’est encore mieux. Ces détails font la différence (on en a vu des dizaines comme ça !) 👷.

💡 Astuce terrain : Un plan d’installation de chantier (PIC) intégrant les zones de tri apporte une valeur ajoutée considérable à votre SOGED. C’est le genre de détail qui fait la différence et qui prouve que vous avez vraiment réfléchi à l’organisation !

La traçabilité et les bordereaux

Expliquez comment vous assurerez la traçabilité des déchets tout au long du chantier. C’est une obligation réglementaire, mais c’est aussi un gage de sérieux pour l’acheteur. Voici les éléments à mentionner :

  • Les BSD : bordereaux de suivi des déchets pour les déchets dangereux
  • Trackdéchets : votre inscription sur la plateforme nationale
  • Les justificatifs : bons de pesée, factures des centres de traitement
  • Le registre : tenue d’un registre chronologique des évacuations

Précisez que vous fournirez tous ces justificatifs en fin de chantier, dans le cadre du DOE. Cette rigueur rassure l’acheteur sur votre sérieux. Et ça vous différencie des concurrents qui restent vagues sur ce point ! ✅

Comment rédiger un SOGED efficace ?

Maintenant que vous savez ce que doit contenir un SOGED, voyons comment le rédiger concrètement. On vous a préparé une méthodologie en 5 étapes, testée et approuvée sur le terrain. Direction la pratique ! 🚀

Étape 1 : Analyser le DCE

Commencez par une lecture attentive du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE). Le CCAP et le CCTP précisent généralement les attentes de l’acheteur en matière de gestion des déchets. Cette analyse est indispensable pour personnaliser votre SOGED.

Repérez les exigences spécifiques :

  • Objectifs de valorisation imposés (ex : 70 %, 80 %, 90 %)
  • Filières particulières à utiliser ou à éviter
  • Certifications environnementales demandées (ISO 14001, etc.)
  • Format et contenu attendus du SOGED
  • Pénalités en cas de non-respect des engagements

Votre SOGED doit répondre point par point à ces exigences. C’est la base pour éviter une offre irrégulière ! Certains acheteurs fournissent même un modèle de SOGED à compléter. Dans ce cas, utilisez-le et enrichissez-le avec vos spécificités.

⚠️ Attention : Si le DCE impose un format particulier pour le SOGED, respectez-le scrupuleusement. Un document hors format peut être écarté, même s’il est de qualité !

Étape 2 : Identifier les déchets par lot

Si vous répondez à un marché alloti, analysez votre lot pour identifier les déchets spécifiques. Chaque corps de métier génère des déchets différents. Cette analyse fine démontre votre compréhension du chantier et vous permet d’estimer les quantités avec précision.

Quelques exemples par lot :

  • Gros œuvre : béton, ferraille, bois de coffrage, emballages
  • Plâtrerie : plaques de plâtre, cartons, films plastique
  • Peinture : pots, solvants, bâches souillées, rouleaux
  • Électricité : chutes de câbles, gaines, emballages, DEEE
  • Plomberie : chutes de tubes, emballages, matériaux isolants

Cette approche par lot est particulièrement appréciée des acheteurs. Elle montre que vous ne proposez pas un document générique mais une analyse adaptée au périmètre exact de votre intervention. Ça vous parle ? 🤔

Infographie présentant les 5 étapes de rédaction d'un SOGED : analyser le DCE, identifier les déchets, choisir les filières, prévoir le tri, intégrer au mémoire

Étape 3 : Choisir les filières adaptées

Sélectionnez les centres de traitement en fonction de leur proximité, de leur agrément et de leurs capacités. Vérifiez qu’ils acceptent bien les types de déchets que vous allez leur confier. Un coup de fil à vos prestataires habituels suffit généralement.

Critères de sélection recommandés :

  • Proximité : moins de 30 km idéalement (réduction de l’empreinte carbone)
  • Agrément : vérifiez les autorisations ICPE sur le site de la préfecture
  • Capacités : assurez-vous qu’ils peuvent absorber vos volumes
  • Traçabilité : privilégiez les centres qui fournissent des attestations détaillées
💡 Astuce terrain : Contactez vos prestataires habituels pour obtenir des attestations ou des devis. Ces documents peuvent être annexés à votre SOGED pour renforcer sa crédibilité. Les acheteurs adorent les preuves concrètes (voilà qui devrait vous rassurer) !

Étape 4 : Prévoir le tri sur site

Définissez l’organisation pratique du tri sur le chantier. Combien de bennes ? Quelles couleurs de signalétique ? Où les positionner pour faciliter le tri par les compagnons ? Ces questions méritent des réponses précises dans votre SOGED.

Points clés à définir :

  • Zone de tri : emplacement sur le PIC, accessibilité camions
  • Équipements : bennes, big bags, conteneurs spécifiques
  • Signalétique : couleurs normalisées, pictogrammes, affichages
  • Formation : sensibilisation des équipes au démarrage du chantier
  • Contrôle : vérification régulière de la qualité du tri

Anticipez également la formation des équipes. Une sensibilisation au tri lors de la réunion de démarrage est un plus à mentionner dans votre SOGED. Ça montre que vous ne vous contentez pas de mettre des bennes, mais que vous vous assurez qu’elles sont bien utilisées ! 👷

Étape 5 : Intégrer au mémoire technique

Selon les exigences du DCE, votre SOGED peut constituer une pièce annexe ou un chapitre de votre mémoire technique BTP. Dans ce second cas, veillez à ce qu’il s’intègre harmonieusement dans la structure globale.

Référencez votre SOGED dans la notice environnementale si celle-ci est également demandée. Ces deux documents sont complémentaires et doivent être cohérents entre eux. Un acheteur attentif vérifiera cette cohérence (et croyez-nous, ils le font vraiment ;)).

Enfin, n’oubliez pas de faire relire votre SOGED par un collègue avant de l’intégrer à votre offre. Un regard extérieur permet souvent de détecter des incohérences ou des oublis. C’est une étape simple mais tellement efficace !

Exemple de SOGED commenté

Pour illustrer concrètement la rédaction d’un SOGED, on a choisi de vous présenter un cas pratique. Direction un chantier de rénovation d’une école primaire ! 🏫 Cet exemple vous montrera comment appliquer les principes vus précédemment.

Contexte du chantier

Le marché porte sur la rénovation énergétique d’une école de 1 500 m². Il s’agit d’un bâtiment des années 1970, typique de cette période avec ses menuiseries aluminium simple vitrage et son isolation quasi inexistante. Le maître d’ouvrage est une commune de 15 000 habitants qui souhaite réduire sa facture énergétique et améliorer le confort des élèves.

Les travaux comprennent :

  • Dépose de menuiseries existantes : 45 fenêtres et 3 portes extérieures
  • Isolation thermique par l’extérieur (ITE) : 800 m² de façades
  • Remplacement du système de chauffage : passage du fioul à la PAC
  • Réfection des peintures intérieures : rafraîchissement des classes

Notre entreprise fictive intervient sur le lot « façades ITE ». C’est un lot techniquement exigeant qui génère des déchets spécifiques : polystyrène expansé, enduits, fixations métalliques, emballages volumineux. Le montant du lot est de 180 000 € HT, ce qui en fait un marché significatif pour une PME du BTP.

Illustration d'un chantier de rénovation avec zone de tri organisée : bennes inertes, DIB, polystyrène et déchets dangereux

Le règlement de consultation précise que le critère « démarche environnementale » représente 20 % de la note finale. Autant dire que le SOGED mérite une attention particulière ! Voyons comment notre entreprise fictive a structuré son document 📝.

Identification et quantification des déchets

L’analyse du projet a permis d’identifier les déchets suivants. Cette identification repose sur l’étude détaillée du CCTP et sur l’expérience de chantiers similaires réalisés par l’entreprise. Chaque type de déchet est quantifié de manière réaliste.

Déchets inertes (2,5 tonnes estimées)

  • Dépose des appuis de fenêtres en béton : 2 tonnes
  • Chutes de mortier-colle et enduits de finition : 0,5 tonne

Déchets non dangereux (1,2 tonne estimée)

  • Chutes de polystyrène expansé (PSE) : 200 kg
  • Emballages carton et plastique : 300 kg
  • Filets de protection et bâches de chantier : 100 kg
  • Palettes bois : 600 kg (soit environ 25 palettes)

Déchets dangereux (50 kg estimés)

  • Pots de peinture et enduits de finition souillés : 30 kg
  • Cartouches de silicone et mastic polyuréthane : 20 kg

Ces estimations sont cohérentes avec les ratios habituels pour ce type de chantier. Pour l’ITE, on compte généralement 1 à 2 kg de déchets par m² traité, ce qui donne 800 à 1 600 kg pour nos 800 m² de façades. Notre estimation de 1 200 kg de déchets non dangereux est donc réaliste et prudente 🎯.

⚠️ Attention : Un diagnostic amiante avant travaux a été réalisé par le maître d’ouvrage (résultat négatif). Même en l’absence d’amiante, mentionnez-le explicitement dans votre SOGED. Les acheteurs apprécient cette transparence et cette rigueur !

Organisation du tri sur site

Le plan d’installation de chantier prévoit une zone de tri dédiée dans la cour de l’école, à proximité de l’accès livraison. Cette zone de 50 m² est suffisante pour accueillir les différents contenants et permettre les manœuvres des camions d’évacuation.

L’organisation comprend :

  • 1 benne 8 m³ « inertes » : étiquette grise, réservée aux déchets minéraux uniquement
  • 1 benne 8 m³ « DIB » : étiquette verte, pour les déchets industriels banals en mélange triés
  • 1 big bag 1 m³ « PSE » : étiquette bleue, pour le polystyrène expansé (filière dédiée)
  • 1 caisse palette fermée : étiquette rouge, pour les déchets dangereux exclusivement
  • 1 zone palettes : récupération pour réemploi ou retour fournisseur

La signalétique sera conforme aux recommandations de la FFB, avec pictogrammes et textes explicites. Des affichages rappelant les consignes de tri seront positionnés à proximité de chaque contenant. Le chef de chantier vérifiera quotidiennement la qualité du tri et corrigera les erreurs le cas échéant.

La rotation des bennes est prévue tous les 15 jours en phase active du chantier. Cette fréquence pourra être ajustée en fonction de l’avancement réel des travaux. Les compagnons recevront une sensibilisation au tri lors de la réunion de démarrage du chantier, avec remise d’un mémo plastifié récapitulant les consignes 👷.

Filières de traitement

Les déchets seront orientés vers les filières suivantes, toutes situées à moins de 30 km du chantier pour limiter l’impact carbone du transport :

  • Inertes : Plateforme de recyclage RECYCLAT 91 située à 12 km → concassage et réemploi en sous-couche routière (taux de valorisation : 100 %)
  • Bois (palettes) : Chaufferie biomasse BIOENERGY située à 18 km → valorisation énergétique
  • PSE : Collecteur spécialisé ECOPOLYS situé à 25 km → recyclage en billes pour isolation
  • DIB en mélange : Centre de tri TRI-VALLÉE situé à 15 km → tri et valorisation matière (objectif 65 %)
  • Déchets dangereux : Collecteur agréé CHIMIREC situé à 28 km → traitement spécifique selon nature

Objectif global de valorisation : 78 %, soit au-delà des 70 % réglementaires imposés par le CCAG Travaux. Cet objectif ambitieux mais réaliste démontre notre engagement environnemental concret. Il sera suivi et documenté tout au long du chantier via le SOSED 🌱.

Les erreurs à éviter

Après avoir analysé des dizaines de SOGED (et croyez-nous, on en a vu passer !), voici les erreurs les plus fréquentes. Évitez-les pour maximiser vos chances de succès :

Erreur n°1 : Le copier-coller générique

Proposer un SOGED non adapté au chantier spécifique. Les acheteurs détectent immédiatement ces documents passe-partout qui ne répondent pas aux enjeux réels du projet. Chaque SOGED doit être personnalisé, même si vous partez d’une trame existante.

Erreur n°2 : La sous-estimation des quantités

Minimiser les volumes pour réduire les coûts apparents. Cette approche se retourne contre vous car elle révèle un manque de maîtrise technique. Pire, elle peut être interprétée comme une tentative de tromperie sur les coûts réels du chantier.

Erreur n°3 : L’oubli des déchets dangereux

Ne pas mentionner les déchets dangereux potentiels, même si le diagnostic est négatif. C’est une faute grave qui peut entraîner le rejet de votre offre ou des pénalités en cours de chantier. Soyez exhaustif, même pour écarter certaines hypothèses.

Les erreurs à ne pas comettre lorsque l'on créé un SOGED

Erreur n°4 : Le flou sur les filières

Rester vague sur les centres de traitement (« un centre de tri agréé »). Nommez vos prestataires, donnez les distances, précisez les taux de valorisation. Le concret rassure, le flou inquiète 😬.

🎯 Notre conseil : Faites relire votre SOGED par un collègue qui ne connaît pas le dossier. S’il comprend tout du premier coup, c’est bon signe. Sinon, clarifiez les passages obscurs !

SOGED et critères environnementaux

Bonne nouvelle : votre SOGED peut vous faire gagner des points précieux ! Dans de nombreux marchés publics, la gestion des déchets fait l’objet d’une notation spécifique. Voyons comment en tirer profit et transformer cette obligation en avantage concurrentiel 🥳.

Comment valoriser son SOGED dans l’offre ?

Au-delà du respect des exigences minimales, vous pouvez vous démarquer en proposant des engagements supérieurs. Les acheteurs apprécient les entreprises qui vont au-delà du minimum réglementaire. Voici quelques pistes concrètes :

  • Objectifs de valorisation ambitieux : viser 80 % ou 85 % au lieu des 70 % réglementaires
  • Réemploi sur site : concasser les gravats pour les réutiliser en remblai ou en fond de forme
  • Filières locales : privilégier les centres de traitement à moins de 20-30 km
  • Économie circulaire : identifier des débouchés pour les matériaux récupérés (ex : palettes)
  • Zéro enfouissement : s’engager à ne rien envoyer en décharge (hors déchets ultimes)

Ces engagements doivent être réalistes et tenables. Mieux vaut des objectifs atteignables que des promesses impossibles à tenir. L’acheteur vérifiera en fin de chantier via le SOSED, et des écarts importants pourraient vous pénaliser pour vos futures candidatures (on vous l’avait dit ;)).

🎯 Entre nous : Quantifiez vos engagements ! Les acheteurs apprécient les objectifs chiffrés et mesurables. « Nous visons 80 % de valorisation matière » est bien plus convaincant que « Nous privilégions le recyclage ». Le concret, toujours le concret !

Le lien avec les critères RSE

La gestion des déchets s’inscrit dans une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) plus large. Si vous disposez de certifications environnementales, valorisez-les dans votre SOGED. Elles crédibilisent vos engagements et rassurent l’acheteur sur votre capacité à les tenir.

Certifications à mentionner :

  • ISO 14001 : système de management environnemental certifié
  • Qualibat mention environnement : engagement spécifique du secteur BTP
  • Engagé RSE : label AFNOR de responsabilité sociétale
  • Charte chantier propre : engagement volontaire de la FFB

Mentionnez également vos actions de formation du personnel au tri et à la gestion des déchets. Un personnel formé et sensibilisé, c’est la garantie d’un tri de qualité sur le chantier. Ces éléments renforcent la crédibilité de vos engagements et démontrent que votre démarche environnementale n’est pas qu’un affichage 🌱.

Les points bonus possibles

Certains marchés attribuent des points supplémentaires pour des démarches exemplaires. Analysez attentivement les critères de notation du règlement de consultation et adaptez votre SOGED en conséquence. Chaque point compte dans une compétition serrée !

Par exemple, vous pouvez proposer :

  • Un tableau de bord : suivi mensuel des déchets partagé avec le maître d’ouvrage
  • Des indicateurs : taux de valorisation, CO2 évité, km économisés
  • Une coordination : sensibilisation des autres lots à la gestion des déchets
  • De l’innovation : utilisation de matériaux biosourcés générant moins de déchets

Ces propositions dépassent le cadre strict du SOGED mais peuvent faire la différence sur un marché très concurrentiel. Elles démontrent une vraie réflexion environnementale et positionnent votre entreprise comme un partenaire engagé, pas seulement un prestataire 🚀.

Ce qu’il faut retenir sur le SOGED

Voilà, vous avez maintenant toutes les cartes en main pour rédiger un SOGED efficace ! Ce document, souvent perçu comme une contrainte administrative, est en réalité une opportunité de vous démarquer. Pour mémo, retenez ces points essentiels :

  • Le SOGED est un document stratégique : bien rédigé, il peut vous faire gagner des points précieux sur les critères environnementaux 🎯
  • Personnalisez-le pour chaque marché : un SOGED générique se repère immédiatement et pénalise votre offre
  • Soyez concret : types de déchets, quantités, filières nommées, organisation du tri détaillée, traçabilité
  • Respectez le cadre réglementaire : loi AGEC, CCAG Travaux 2021, tri 7 flux, décret traçabilité
  • Dépassez les exigences minimales : c’est comme ça qu’on se démarque de la concurrence !

Vous souhaitez gagner du temps et disposer d’un document professionnel ? On a ce qu’il vous faut 😉. Nos modèles SOGED par métier intègrent toutes les rubriques attendues par les acheteurs et vous guident pas à pas dans la personnalisation. Plus de 20 métiers du BTP sont couverts, de l’électricité à la peinture en passant par le gros œuvre.

Et si vous avez besoin d’un accompagnement plus poussé, notre équipe peut vous aider à rédiger un SOGED sur-mesure pour vos marchés les plus stratégiques. Contactez-nous pour en discuter !

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FAQ : le SOGED

Toutes les réponses à vos questions

Le SOGED est-il obligatoire dans tous les marchés publics de travaux ?

Non, le SOGED n’est pas systématiquement obligatoire. Sa demande dépend du choix de l’acheteur public et de la nature du marché. Cependant, il est très fréquemment exigé pour les marchés de travaux, en particulier ceux dépassant 100 000 € HT.

Quelle est la différence entre SOGED et SOSED ?

SOGED (Schéma d’Organisation et de Gestion des Déchets) et SOSED (Schéma d’Organisation et de Suivi de l’Élimination des Déchets) désignent le même document. Le terme SOGED est aujourd’hui privilégié car il reflète mieux la notion de gestion globale incluant le recyclage.

Qui rédige le SOGED sur un chantier ?

C’est l’entreprise candidate qui rédige le SOGED dans le cadre de sa réponse à l’appel d’offres. Sur un chantier en cours, le responsable peut être le conducteur de travaux, le chef de chantier ou un référent environnement désigné.

Combien de pages doit faire un SOGED ?

Un SOGED complet compte généralement entre 10 et 20 pages, annexes comprises. La longueur dépend de la complexité du chantier et de la variété des déchets produits. L’essentiel est d’être complet et précis plutôt que de viser un nombre de pages.

Peut-on réutiliser le même SOGED pour plusieurs appels d'offres ?

Vous pouvez réutiliser la structure et les parties génériques (présentation de l’entreprise, moyens généraux), mais le contenu doit impérativement être adapté à chaque chantier : localisation des filières, types et quantités de déchets spécifiques, organisation sur site.

Existe-t-il des modèles de SOGED par métier ?

Oui, il existe des trames SOGED adaptées à chaque corps de métier du BTP : peinture, électricité, plomberie, maçonnerie, etc. Ces modèles pré-remplis permettent de gagner un temps précieux tout en garantissant un document professionnel et complet.

➡️ Découvrez nos trames SOGED par métier : conçues avec des experts du BTP et d’anciens acheteurs publics, nos modèles vous permettent de produire un SOGED aux petits oignons en quelques minutes. Accédez à la boutique Odécia pour trouver le SOGED adapté à votre activité.

Quels documents faut-il fournir en fin de chantier ?

En fin de chantier, vous devez généralement fournir : les bordereaux de suivi des déchets (BSD) pour les déchets dangereux, les bons de dépôt en déchèterie, et un bilan quantitatif comparant les volumes prévus et réels. Ces éléments sont souvent intégrés au DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés).

Le SOGED concerne-t-il tous les lots d'un marché alloti ?

En principe, chaque titulaire de lot est responsable de ses déchets et peut devoir fournir un SOGED. Toutefois, le lot gros œuvre est parfois chargé de coordonner la gestion des déchets pour tout le chantier. Vérifiez les dispositions du DCE.

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