La retenue de garantie sur un marché public

3 février 2026 Sébastien Kvot

Vous venez de décrocher un marché public et vous découvrez qu’une partie de vos factures sera retenue pendant plus d’un an ? Pas de panique, c’est le mécanisme de la retenue de garantie marché public. Et croyez-nous, mieux vaut comprendre son fonctionnement avant de signer votre premier acompte 💡.

Sur le terrain, on constate que beaucoup d’entreprises découvrent cette retenue de 5% au moment de leur première situation de travaux. Résultat : un impact direct sur la trésorerie, parfois mal anticipé. Pourtant, des solutions existent pour récupérer ces sommes plus rapidement, voire pour éviter complètement cette retenue.

Dans ce guide, nous décryptons ensemble le fonctionnement de la retenue de garantie, son calcul, les délais de libération et surtout les alternatives pour préserver votre trésorerie. Direction le cœur du sujet ! 🎯

Infographie explicative de la retenue de garantie : facture, prélèvement 5%, retenue bloquée, libération après 13 mois

Qu’est-ce que la retenue de garantie en marché public ?

La retenue de garantie marché public constitue une somme prélevée sur chaque paiement versé au titulaire d’un contrat. Concrètement, l’acheteur public conserve une fraction de vos factures pour se protéger contre d’éventuelles malfaçons. Cette somme reste bloquée jusqu’à l’expiration du délai de garantie, généralement un an après la réception des travaux.

En pratique, sur un marché de 200 000 €, l’acheteur retient 10 000 € (5%) qui ne vous seront versés qu’après validation de la levée des réserves. Vous l’aurez compris : c’est autant de trésorerie immobilisée pendant toute la durée du chantier, puis encore une année supplémentaire 📊.

À retenir : la retenue de garantie n’est pas automatique. Elle doit être expressément prévue dans le CCAP du marché pour s’appliquer. Pensez à vérifier ce point dès l’analyse du DCE.

Une garantie contractuelle, pas légale

Contrairement à la garantie décennale qui s’impose par la loi, la retenue de garantie relève du contrat. L’acheteur public choisit de l’instaurer ou non selon les risques qu’il identifie. En marchés de travaux, elle est quasi systématique. En marchés de services ou fournitures, elle reste plus rare.

Cette distinction a son importance. Si le CCAP ne mentionne pas de retenue de garantie, l’acheteur ne peut pas vous l’imposer en cours d’exécution. D’où l’intérêt de lire attentivement les clauses financières avant de déposer votre offre, pas vrai ? 😉

Par ailleurs, la retenue de garantie ne peut servir qu’à un seul objectif : couvrir les réserves formulées à la réception ou pendant le délai de garantie. Elle ne peut jamais être utilisée pour payer des pénalités de retard ou compenser d’autres créances de l’acheteur.

Ce que couvre exactement la retenue

Le Code de la commande publique (article R2191-32) précise strictement l’objet de cette garantie. Elle couvre uniquement :

  • Les réserves à la réception : malfaçons, non-conformités ou défauts constatés lors des opérations préalables à la réception
  • Les malfaçons apparues pendant le délai de garantie : à condition qu’elles n’étaient pas visibles à la réception ou que leurs conséquences n’étaient pas identifiables

Hé oui, c’est tout ! La retenue ne peut pas servir à autre chose. Si l’acheteur tente de l’utiliser pour couvrir des pénalités ou des réclamations sans lien avec des malfaçons, vous êtes en droit de contester.

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Le cadre juridique

La retenue de garantie marché public est encadrée par quatre articles du Code de la commande publique. Ces textes définissent son objet, son montant maximum, les modalités de prélèvement et les conditions de remboursement. Voyons cela en détail.

Infographie des 4 articles du Code de la commande publique sur la retenue de garantie : objet, taux, prélèvement, remboursement

Article R2191-32 : l’objet de la retenue

Cet article fondateur pose le principe : la retenue de garantie a pour seul objet de couvrir les réserves. Elle est conditionnée à l’existence d’un délai de garantie dans le contrat. Sans délai de garantie prévu au CCAP, pas de retenue possible. Logique, non ?

Le texte précise également que les malfaçons couvertes pendant le délai de garantie doivent présenter un caractère non apparent à la réception. Cette nuance protège les entreprises contre des réclamations tardives pour des défauts qui auraient dû être identifiés plus tôt.

Attention : si vous signez un marché avec un délai de garantie de 24 mois au lieu des 12 mois habituels, la retenue sera bloquée d’autant plus longtemps. Vérifiez ce point dans le CCAP.

Article R2191-33 : le taux maximum de 5% (ou 3% pour les PME)

Bonne nouvelle pour les PME ! Le décret du 30 décembre 2024 a modifié cet article pour abaisser le plafond à 3% lorsque le titulaire est une PME. Cette mesure vise à soulager la trésorerie des petites structures.

Voici les taux applicables selon votre situation :

  • 5% maximum : taux de droit commun pour tous les marchés publics
  • 3% maximum : taux réduit pour les PME titulaires de marchés passés par l’État ou ses établissements publics
  • Taux inférieur : l’acheteur peut toujours fixer un taux plus bas dans le CCAP

Ces taux s’appliquent au montant initial du marché, augmenté le cas échéant des avenants. En pratique, sur un marché de 500 000 € avec un avenant de 50 000 €, la retenue maximale sera de 27 500 € (5% de 550 000 €).

Article R2191-34 : le prélèvement par fractions

La retenue n’est pas prélevée en une seule fois. Elle est déduite progressivement sur chaque acompte, chaque règlement partiel définitif et sur le solde. Ainsi, sur une situation mensuelle de 50 000 €, vous ne percevrez que 47 500 € (moins 2 500 € de retenue).

Et si le montant de vos factures ne permet pas de prélever la totalité de la retenue ? Dans ce cas, vous devez constituer une garantie à première demande pour compléter. Cette situation peut survenir en fin de marché si le solde est inférieur au montant de la retenue restant à prélever.

Article R2191-35 : le remboursement sous 30 jours

Le remboursement de la retenue intervient dans un délai de 30 jours après l’expiration du délai de garantie. Si des réserves ont été notifiées et ne sont pas encore levées, le délai de 30 jours court à compter de leur levée effective.

Sur le terrain, on observe que certains acheteurs oublient cette obligation. N’hésitez pas à relancer activement dès l’échéance du délai de garantie. Un courrier recommandé rappelant vos droits suffit généralement à débloquer la situation 📬.

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Comment calculer la retenue de garantie ?

Le calcul de la retenue de garantie marché public peut sembler simple : 5% du montant. Pourtant, plusieurs subtilités méritent votre attention. Le montant de référence, les avenants, les situations successives… Tout cela impacte le calcul final.

La base de calcul : montant initial + avenants

La retenue se calcule sur le montant initial TTC du marché, tel qu’indiqué à l’acte d’engagement. Ce montant inclut toutes les tranches (ferme et conditionnelles) si elles sont affermies. Les reconductions sont également prises en compte.

En cas d’avenant modificatif, la base de calcul est ajustée. Par exemple :

  • Marché initial : 300 000 € TTC → Retenue max : 15 000 €
  • Avenant +20% : nouveau montant 360 000 € TTC → Retenue max : 18 000 €
  • Avenant -10% : nouveau montant 324 000 € TTC → Retenue max : 16 200 €
Conseil terrain : en cas d’avenant en diminution, vérifiez que l’acheteur ajuste bien le montant de la retenue. Certains oublient de recalculer et conservent une somme supérieure au plafond légal.

Exemple concret : marché de travaux de 400 000 €

Prenons un cas pratique pour illustrer le mécanisme. Votre entreprise remporte un marché de rénovation d’école pour 400 000 € TTC, avec un délai d’exécution de 8 mois et un délai de garantie de 12 mois.

Chaque mois, vous émettez une situation de travaux. Voici l’impact de la retenue sur votre trésorerie :

  • Situation mois 1 : 60 000 € → Vous percevez 57 000 € (retenue de 3 000 €)
  • Situation mois 2 : 55 000 € → Vous percevez 52 250 € (retenue de 2 750 €)
  • Ainsi de suite jusqu’au solde final
  • Total retenu : 20 000 € (5% de 400 000 €)

Ces 20 000 € resteront bloqués pendant toute la durée du chantier (8 mois), puis pendant le délai de garantie (12 mois), soit 20 mois au total. C’est considérable pour une PME, pas vrai ? 💰

Tableau de calcul de la retenue de garantie 5% sur un marché de 400 000 euros avec situations mensuelles

Cas particulier : PME et taux réduit à 3%

Si votre entreprise répond à la définition de PME (moins de 250 salariés, CA inférieur à 50 M€ ou bilan inférieur à 43 M€) et que vous traitez avec l’État, le taux passe à 3%. Sur notre exemple de 400 000 €, la retenue serait de 12 000 € au lieu de 20 000 €.

Cette économie de 8 000 € de trésorerie n’est pas négligeable. Pour en bénéficier, vous devez démontrer votre statut de PME lors de la candidature. Le formulaire DC2 comporte une rubrique dédiée à cette déclaration.

Comparatif avant après décret 30 décembre 2024 : retenue 5% réduite à 3% pour les PME avec l'État

Comment éviter la retenue de garantie ?

Bonne nouvelle : vous n’êtes pas obligé de subir cette immobilisation de trésorerie ! Le Code de la commande publique prévoit des mécanismes de substitution. Vous pouvez remplacer la retenue par une garantie bancaire et récupérer immédiatement les sommes retenues.

La garantie à première demande : l’alternative privilégiée

La garantie à première demande constitue la solution la plus courante. Votre banque s’engage à verser à l’acheteur public le montant de la retenue sur simple demande, sans discussion possible.

Les avantages sont significatifs :

  • Récupération immédiate : les sommes déjà prélevées vous sont reversées
  • Trésorerie préservée : plus de prélèvement sur vos situations futures
  • Coût maîtrisé : entre 1% et 2% par an du montant garanti

En reprenant notre exemple de 400 000 €, le coût annuel de la garantie serait d’environ 200 à 400 € (1-2% de 20 000 €). C’est bien moins que le coût d’opportunité de 20 000 € immobilisés pendant 20 mois !

Astuce terrain : vous pouvez substituer la garantie à tout moment pendant l’exécution du marché. Même si vous avez déjà subi des prélèvements, la banque vous permet de récupérer les sommes retenues.

Workflow en 4 étapes pour remplacer la retenue de garantie par une garantie à première demande : situation, banque, substitution, libération

La caution personnelle et solidaire : une alternative sous conditions

La caution personnelle et solidaire fonctionne différemment. Un organisme de cautionnement (souvent une société de caution mutuelle) s’engage à payer si vous êtes défaillant. Cependant, contrairement à la garantie à première demande, l’acheteur peut refuser cette option.

Le CCAP doit expressément autoriser la caution personnelle et solidaire. Si ce n’est pas le cas, vous ne pouvez pas l’imposer à l’acheteur. La garantie à première demande reste alors votre seule alternative.

Pour les PME du BTP, les organismes comme la CEGC ou la SIAGI proposent des solutions adaptées avec des procédures simplifiées et des tarifs préférentiels. N’hésitez pas à les consulter avant de vous tourner vers votre banque habituelle 🏦.

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Quand et comment récupérer sa retenue de garantie ?

La libération de la retenue de garantie marché public obéit à un calendrier précis. Comprendre ces délais vous permet d’anticiper et de relancer efficacement l’acheteur si nécessaire.

Le calendrier de libération

Voici la chronologie type pour un marché de travaux avec délai de garantie d’un an :

  • Jour J : prononcé de la réception des travaux (avec ou sans réserves)
  • J + 12 mois : expiration du délai de garantie de parfait achèvement
  • J + 12 mois + 30 jours : date limite de remboursement de la retenue

Si des réserves ont été formulées et ne sont pas encore levées à l’expiration du délai de garantie, le remboursement est reporté. Le délai de 30 jours court alors à compter de la levée effective des réserves.

Ce que les acheteurs regardent : avant de libérer la retenue, l’acheteur vérifie que toutes les réserves sont levées et que le DGD est établi. Anticipez ces formalités pour accélérer le remboursement.

La procédure de demande de remboursement

En théorie, l’acheteur doit libérer spontanément la retenue dans les 30 jours. En pratique, une relance est souvent nécessaire. Voici la marche à suivre :

  • Vérifiez vos réserves : assurez-vous que toutes sont bien levées (PV de levée signé)
  • Réclamez le DGD : ce document doit mentionner la libération de la retenue
  • Envoyez un courrier : lettre recommandée rappelant vos droits et les délais légaux
  • Invoquez les intérêts moratoires : en cas de retard, vous avez droit à des indemnités

Notre conseil : n’attendez pas passivement l’échéance. Relancez l’acheteur 15 jours avant la date théorique de remboursement. Cette anticipation évite les oublis et accélère le traitement de votre dossier 📅.

Le DGD tacite : votre allié en cas de silence

Si l’acheteur ne vous adresse pas le décompte général dans les délais prévus au CCAG, vous pouvez invoquer le DGD tacite. Ce mécanisme vous permet de considérer votre projet de décompte final comme accepté, y compris la libération de la retenue.

Concrètement, si vous avez transmis votre projet de décompte final et que l’acheteur ne réagit pas dans les délais (généralement 45 jours selon le CCAG Travaux), le décompte devient définitif par tacite acceptation. La retenue doit alors vous être versée sans discussion possible.

C’est un levier puissant, mais attention à bien respecter la procédure. Un courrier mal formulé ou envoyé trop tôt peut invalider votre demande. Notre modèle de courrier DGD tacite vous guide pas à pas dans cette démarche.

Retenue de garantie et groupement d’entreprises

Lorsque vous répondez en groupement momentané d’entreprises (GME), la gestion de la retenue se complexifie. Les règles diffèrent selon que le groupement est conjoint ou solidaire.

Groupement conjoint : chacun sa retenue

Dans un groupement conjoint, chaque membre est responsable uniquement de sa partie du marché. La retenue de garantie est donc prélevée au prorata des prestations de chacun.

Exemple sur un marché de 1 000 000 € réparti 60/40 entre deux entreprises :

  • Entreprise A (60%) : retenue sur ses factures = 30 000 € max
  • Entreprise B (40%) : retenue sur ses factures = 20 000 € max

En cas de substitution par garantie bancaire, chaque cotraitant fournit sa propre garantie correspondant à sa quote-part. Le mandataire coordonne l’ensemble mais n’a pas à garantir les parts des autres membres.

Schéma comparatif de la répartition de la retenue de garantie en groupement conjoint et solidaire avec GPD

Groupement solidaire : le mandataire peut centraliser

Dans un groupement solidaire, chaque membre est responsable de la totalité du marché. Cette solidarité offre une option intéressante : le mandataire peut fournir une garantie unique couvrant l’ensemble du groupement.

Cette centralisation simplifie les démarches administratives et peut réduire les coûts bancaires. Cependant, elle concentre le risque sur le mandataire qui doit s’assurer de pouvoir récupérer sa part auprès de ses cotraitants en cas d’appel de la garantie.

Conseil pour les groupements : formalisez par écrit la répartition des coûts de garantie entre cotraitants AVANT la signature du marché. Cela évite les mauvaises surprises et les tensions en cours d’exécution.

Que faire en cas de litige sur la retenue de garantie ?

Parfois, l’acheteur refuse de libérer la retenue ou tente de l’utiliser pour des motifs contestables. Quels sont vos recours ? Comment défendre vos droits ? Voyons les principales situations de contentieux.

L’acheteur refuse de restituer la retenue

Plusieurs motifs peuvent conduire à un blocage : réserves non levées, litige sur la qualité des travaux, désaccord sur le décompte final. Dans tous les cas, la démarche suit une progression logique :

  • Vérifiez les faits : les réserves invoquées sont-elles justifiées ? Les travaux de reprise ont-ils été effectués ?
  • Dialogue amiable : réunion avec le maître d’œuvre pour clarifier les points de désaccord
  • Mise en demeure : courrier recommandé formalisant votre demande de restitution
  • Recours contentieux : saisine du tribunal administratif si le blocage persiste

En cas de retard injustifié, vous avez droit aux intérêts moratoires au taux légal majoré. Ces intérêts courent automatiquement, sans mise en demeure préalable. N’hésitez pas à les réclamer dans votre courrier de relance.

L’acheteur utilise la retenue pour payer des pénalités

Cette pratique est illégale. La retenue de garantie ne peut servir qu’à couvrir les réserves liées à des malfaçons. L’acheteur ne peut pas l’imputer sur des pénalités de retard ou d’autres créances.

Si vous êtes confronté à cette situation, contestez immédiatement par écrit. Rappelez à l’acheteur les termes de l’article R2191-32 du Code de la commande publique qui limite strictement l’objet de la retenue. Cette contestation formelle est indispensable pour préserver vos droits.

Ce que peu d’entreprises savent : même si vous devez des pénalités à l’acheteur, il ne peut pas les compenser avec la retenue de garantie. Les deux créances sont distinctes et doivent être traitées séparément.

Ce qu’il faut retenir sur la retenue de garantie

La retenue de garantie marché public représente un enjeu de trésorerie majeur pour toute entreprise travaillant avec le secteur public. Voici les points essentiels à mémoriser :

  • Taux maximum : 5% (ou 3% pour les PME avec l’État depuis le décret du 30/12/2024)
  • Durée de blocage : jusqu’à 13 mois après la réception (délai de garantie + 30 jours)
  • Substitution possible : garantie à première demande ou caution personnelle
  • Objet limité : uniquement les réserves liées à des malfaçons
  • Recours en cas de retard : intérêts moratoires automatiques

Anticiper ce mécanisme dès la phase d’analyse du DCE vous permet de chiffrer correctement votre offre et de préserver votre trésorerie. Et si vous souhaitez aller plus loin, nos modèles de courriers et notre accompagnement personnalisé sont là pour vous aider 🚀.

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FAQ : la retenue de garantie sur un marché public

Toutes les réponses à vos questions

Qu'est-ce que la retenue de garantie en marché public ?

La retenue de garantie est une somme prélevée par l’acheteur public sur chaque paiement versé au titulaire du marché. Elle représente au maximum 5% du montant du contrat (3% pour les PME avec l’État) et sert à couvrir d’éventuelles malfaçons constatées à la réception ou pendant le délai de garantie.

Comment calculer le montant de la retenue de garantie ?

Le montant se calcule en appliquant le taux prévu au CCAP (maximum 5%) sur le montant initial TTC du marché, augmenté des éventuels avenants. Par exemple, sur un marché de 200 000 € TTC, la retenue maximale est de 10 000 €. Ce montant est prélevé par fractions sur chaque situation de travaux.

Peut-on éviter la retenue de garantie ?

Oui, vous pouvez substituer à la retenue une garantie à première demande émise par votre banque. Cette substitution est possible à tout moment pendant l’exécution du marché. Les sommes déjà retenues vous sont alors reversées. La caution personnelle et solidaire est également possible si le CCAP l’autorise.

Quand la retenue de garantie est-elle remboursée ?

La retenue doit être remboursée dans un délai de 30 jours après l’expiration du délai de garantie (généralement 12 mois après la réception). Si des réserves ont été notifiées et ne sont pas levées, le remboursement intervient 30 jours après leur levée effective.

L'acheteur peut-il utiliser la retenue pour payer des pénalités de retard ?

Non, c’est strictement interdit. L’article R2191-32 du Code de la commande publique limite l’objet de la retenue aux seules réserves liées à des malfaçons. L’acheteur ne peut pas compenser des pénalités ou d’autres créances avec la retenue de garantie.

Que faire si l'acheteur refuse de restituer la retenue ?

Commencez par vérifier que toutes les réserves sont bien levées et que le DGD est établi. Envoyez ensuite une mise en demeure par courrier recommandé rappelant les délais légaux. En cas de persistance du blocage, vous pouvez saisir le tribunal administratif et réclamer des intérêts moratoires.

Comment fonctionne la retenue de garantie en groupement d'entreprises ?

En groupement conjoint, chaque membre subit une retenue au prorata de sa part du marché et fournit sa propre garantie de substitution. En groupement solidaire, le mandataire peut fournir une garantie unique couvrant l’ensemble du groupement, ce qui simplifie les démarches administratives.

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