CCAG : guide complet du Cahier des Clauses Administratives Générales

24 février 2026 Sébastien Kvot

Vous répondez à un marché public qui mentionne « CCAG Travaux » ou « CCAG-FCS » ? Le CCAG (Cahier des Clauses Administratives Générales) est un document contractuel incontournable. Il fixe les règles juridiques et financières qui s’appliquent à votre marché, de la notification jusqu’au paiement final. Autant dire qu’il mérite toute votre attention ⚖️

Dans cet article, nous vous expliquons ce qu’est un CCAG et pourquoi il structure l’exécution de votre contrat. Vous découvrirez les 6 types de CCAG existants, leur contenu détaillé et leur articulation avec le CCAP. Nous vous donnerons également des conseils pratiques pour exploiter ce document dans votre réponse. Direction le socle contractuel des marchés publics ! 🚀

Qu’est-ce qu’un CCAG en marché public ?

Le CCAG marché public est un document officiel approuvé par arrêté ministériel. Il contient les clauses administratives types applicables à une catégorie de marchés. Concrètement, c’est l’équivalent des « conditions générales de vente » dans le secteur privé, mais adaptées à la commande publique 📋

Infographie définition CCAG avec 3 caractéristiques clés

Chaque CCAG définit les règles relatives aux paiements, aux garanties financières, aux assurances, aux pénalités et aux responsabilités. Ces clauses s’appliquent automatiquement dès que le marché fait référence au CCAG concerné.

Astuce terrain : Le CCAG n’est pas annexé au dossier de consultation. Vous devez le télécharger vous-même sur Légifrance pour connaître vos obligations contractuelles.

Pourquoi des clauses « générales » ?

L’idée est simple : éviter que chaque acheteur public réécrive les mêmes dispositions dans chaque marché. Les CCAG uniformisent les pratiques et garantissent une égalité de traitement entre candidats. Vous savez à quoi vous attendre, quel que soit l’acheteur.

Cette standardisation présente plusieurs avantages. Elle simplifie la rédaction des marchés pour les acheteurs. Elle facilite l’analyse des conditions contractuelles pour les entreprises. Et elle réduit les risques de contentieux grâce à des clauses éprouvées et interprétées par la jurisprudence. Pas mal, non ? 💡

Le cadre juridique des CCAG

Les CCAG sont visés aux articles R2112-2 et R2112-3 du Code de la commande publique. Leur utilisation est facultative : l’acheteur choisit d’y faire référence ou non. Cependant, dans la pratique, l’immense majorité des marchés publics renvoient à un CCAG.

La version actuellement en vigueur date de 2021, avec des modifications apportées en décembre 2022. Cette réforme a introduit des avancées significatives en matière de développement durable, de dématérialisation et de protection des données personnelles.

Les 6 types de CCAG en vigueur

Il existe 6 CCAG différents, chacun adapté à une catégorie de prestations. Le choix du CCAG applicable dépend de l’objet principal du marché. Vous le trouverez mentionné dans le règlement de consultation ou le CCAP.

CCAG Travaux

C’est le plus utilisé dans le BTP ! Il s’applique aux marchés de construction, de génie civil et de rénovation. Bâtiments publics, routes, ponts, ouvrages d’art… Tous les marchés de travaux y font généralement référence 🏗️

Le CCAG Travaux encadre notamment les règles de réception des ouvrages, les garanties (parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale), les assurances obligatoires et les modalités de paiement par acomptes mensuels. Avec 51 articles, c’est le plus complet.

CCAG Fournitures Courantes et Services (FCS)

Ce CCAG concerne les achats courants et les prestations de services standards. Fournitures de bureau, équipements informatiques, mobilier, mais aussi nettoyage, maintenance ou logistique… Son champ d’application est très large 📦

Il définit les conditions de livraison, les garanties de conformité, les délais de paiement et les modalités de résiliation. Si vous vendez des produits ou proposez des services aux collectivités, vous le rencontrerez souvent.

Schéma des 6 CCAG : Travaux, FCS, PI, MOE, TIC, MI

CCAG Prestations Intellectuelles (PI)

Destiné aux marchés d’études, de conseil et de prestations intellectuelles. Bureaux d’études, cabinets de conseil, organismes de formation, auditeurs… Ce CCAG prend en compte les spécificités de ces activités 💼

Il accorde une attention particulière à la propriété intellectuelle des livrables, à la validation des études et aux modalités de rémunération. Les règles de confidentialité y sont également renforcées.

CCAG Maîtrise d’Œuvre (MOE)

Créé lors de la réforme de 2021, ce CCAG est dédié aux marchés de conception. Architectes, ingénieurs, bureaux d’études de conception et de suivi de travaux… Il comble un vide qui existait auparavant 📐

Le CCAG MOE s’articule avec le CCAG Travaux pour assurer une cohérence dans les projets de construction. Il précise le rôle du maître d’œuvre, ses responsabilités et ses obligations de conseil envers le maître d’ouvrage.

CCAG Techniques de l’Information et de la Communication (TIC)

Ce CCAG s’applique aux marchés informatiques : développement logiciel, intégration de systèmes, infogérance, maintenance applicative, fourniture de matériels IT… Un secteur en constante évolution ⚡

Il prend en compte les spécificités du numérique : niveaux de service (SLA), réversibilité, cybersécurité, protection des données. Sa mise à jour en 2021 l’a adapté aux enjeux de souveraineté numérique.

CCAG Marchés Industriels (MI)

Moins courant, ce CCAG concerne les marchés de fabrication sur spécifications. Prototypes, équipements sur mesure, productions industrielles spécifiques… Il s’adresse aux entreprises industrielles travaillant sur devis.

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Que contient un CCAG ? Les clauses essentielles

Tous les CCAG partagent une structure similaire et abordent les mêmes thématiques. Voici les clauses que vous devez absolument connaître avant de vous engager sur un marché.

Infographie contenu CCAG : paiements, garanties, pénalités, assurances

Les modalités de paiement

Le délai de paiement global est fixé à 30 jours maximum (article R2192-10 du CCP). Mais le CCAG précise les conditions d’acomptes, d’avances et de retenues. Depuis la modification de décembre 2022, le taux minimum de l’avance est passé à 30% pour les marchés supérieurs à 50 000 € HT 💰

Les modalités varient selon le type de marché. En travaux, le paiement s’effectue par acomptes mensuels sur la base de situations de travaux. En fournitures, il intervient après constatation du service fait.

Ce que les acheteurs regardent : Votre capacité à gérer le décalage de trésorerie lié aux délais de paiement. Le CCAG prévoit des intérêts moratoires en cas de retard, mais mieux vaut anticiper.

Les garanties financières

La retenue de garantie est plafonnée à 5% du montant du marché. Elle peut être remplacée par une garantie à première demande émise par un établissement bancaire. Le CCAG précise les conditions de constitution et de libération de ces garanties.

Pour les travaux, des garanties spécifiques s’ajoutent : garantie de parfait achèvement (1 an), garantie de bon fonctionnement (2 ans) et garantie décennale (10 ans). Ces durées courent à compter de la réception des travaux.

Les assurances obligatoires

Le CCAG impose la souscription d’assurances adaptées aux prestations. La responsabilité civile professionnelle est systématiquement exigée. Pour les marchés de travaux, l’assurance décennale et la responsabilité civile chantier s’ajoutent à la liste 🛡️

L’attestation d’assurance doit être fournie avant le démarrage des prestations. Son absence peut entraîner la résiliation du marché aux torts du titulaire. On ne plaisante pas avec ce sujet !

Les pénalités de retard

Chaque jour de retard coûte de l’argent. Le CCAG fixe un montant de pénalités de retard journalier, généralement exprimé en fraction du montant du marché. Le CCAP peut moduler ces montants, dans les limites fixées par le CCAG ⏰

Bonne nouvelle : depuis 2021, les pénalités sont plafonnées. Ce plafond varie selon les CCAG (généralement 10% du montant du marché). Cette limitation protège les entreprises contre des sanctions disproportionnées.

La sous-traitance

Le CCAG encadre strictement le recours à la sous-traitance. Le sous-traitant doit être agréé par l’acheteur et déclaré via le formulaire DC4. Au-delà d’un certain seuil, il bénéficie du paiement direct par l’acheteur 🤝

Depuis 2021, le CCAG limite les niveaux de sous-traitance en cascade. L’objectif est d’éviter les chaînes trop longues qui diluent les responsabilités et précarisent les intervenants.

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CCAG et CCAP : quelle articulation ?

Le CCAG et le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) fonctionnent ensemble. Comprendre leur complémentarité est essentiel pour bien analyser un DCE.

Le CCAG : le socle commun

Le CCAG contient les clauses-types applicables à tous les marchés de sa catégorie. Il constitue le socle contractuel de référence. Quand un marché cite un CCAG, l’ensemble de ses dispositions s’appliquent automatiquement, sauf dérogation expresse.

Schéma montrant la complémentarité CCAG et CCAP

Le CCAP : les spécificités du marché

Le CCAP ne reprend que ce qui est propre au marché concerné : délais d’exécution, montants des pénalités, modalités particulières, exigences spécifiques du projet… Il complète le CCAG sans le répéter 🎯

Cette organisation évite les redondances. De plus, l’acheteur n’a pas besoin de réécrire 50 articles de conditions générales pour chaque marché. Il se concentre sur les particularités.

Les dérogations au CCAG

Le CCAP peut déroger à certaines clauses du CCAG. Dans ce cas, les dispositions du CCAP priment sur celles du CCAG. Ces dérogations doivent être clairement identifiées et justifiées 📝

Attention : Lisez attentivement le CCAP pour repérer les dérogations au CCAG. Un délai de paiement modifié, des pénalités aggravées ou une responsabilité étendue peuvent y être dissimulés.

En pratique, cherchez un article intitulé « Dérogations au CCAG » dans le CCAP. Il récapitule généralement l’ensemble des écarts par rapport au document-type.

Les nouveautés de la réforme 2021

La réforme des CCAG de 2021 a introduit des évolutions majeures. Si vous répondiez déjà aux marchés publics avant cette date, voici ce qui a changé (et croyez-nous, c’est significatif !).

Le développement durable intégré

Tous les CCAG comportent désormais une clause environnementale générale. Elle impose au titulaire de prendre en compte les impacts environnementaux dans l’exécution du marché : gestion des déchets, réduction des nuisances, économie des ressources… 🌱

Une clause d’insertion sociale a également fait son apparition. Activée au choix de l’acheteur, elle impose le recrutement de personnes éloignées de l’emploi pour une partie des heures travaillées.

Timeline nouveautés CCAG 2021 : environnement, dématérialisation, RGPD

La dématérialisation généralisée

Les échanges dématérialisés deviennent la norme. Notifications, ordres de service, factures… Le CCAG encadre ces transmissions électroniques et leur valeur juridique.

La protection des données personnelles

Le RGPD est intégré dans tous les CCAG. Les obligations respectives de l’acheteur (responsable de traitement) et du titulaire (sous-traitant au sens RGPD) sont précisées. La transmission de données hors UE est strictement encadrée.

L’interdiction des ordres de service à zéro euro

Fini les travaux supplémentaires non rémunérés ! Le CCAG interdit désormais les ordres de service imposant des prestations sans contrepartie financière. Une protection bienvenue pour les entreprises.

Conseils pour exploiter le CCAG dans votre réponse

Le CCAG n’est pas qu’un document juridique abstrait. Il impacte concrètement votre offre et votre exécution. Voici comment l’utiliser intelligemment 💡

Identifiez le CCAG applicable

Première étape : repérez dans le règlement de consultation ou le CCAP quel CCAG s’applique. Notez sa référence exacte et vérifiez qu’il s’agit bien de la version 2021 (ou 2021 modifiée 2022). Les anciens CCAG de 2009 ne s’appliquent plus aux nouveaux marchés 🔎

Téléchargez le document complet

Le CCAG n’est jamais fourni dans le DCE. En effet, rendez-vous sur Légifrance pour télécharger la version officielle. Conservez-la dans votre documentation de réponse pour référence.

Checklist 5 étapes pour bien utiliser le CCAG

Concentrez-vous sur les clauses critiques

Vous n’avez pas besoin de lire les 50 articles. Focalisez-vous sur les clauses qui impactent votre offre :

  • Paiements : délais, acomptes, avances, retenue de garantie
  • Pénalités : montants journaliers, plafonds, exonérations possibles
  • Assurances : types exigés, montants de couverture
  • Garanties : durées, conditions de mise en jeu
  • Sous-traitance : conditions d’agrément, niveaux autorisés

Intégrez les obligations dans votre prix

Certaines clauses du CCAG ont un coût : garanties bancaires, assurances spécifiques, provisions pour pénalités éventuelles… Intégrez ces éléments dans votre chiffrage. Ne les découvrez pas après l’attribution ! 💰

Valorisez votre conformité dans le mémoire technique

Votre mémoire technique peut mentionner votre connaissance des obligations CCAG. Attestations d’assurance en règle, procédures qualité compatibles, organisation adaptée aux exigences administratives… Cela rassure l’acheteur sur votre professionnalisme ✅

Téléchargez notre exemple de mémoire technique gratuit

Ce qu’il faut retenir sur le CCAG

Le CCAG est le socle contractuel de tout marché public. Il définit vos droits et obligations pour l’exécution du contrat. Maîtriser ce document vous évite les mauvaises surprises et vous permet d’optimiser votre réponse.

Retenez l’essentiel :

  • 6 CCAG existent selon le type de marché (Travaux, FCS, PI, MOE, TIC, MI)
  • Les clauses clés concernent les paiements, garanties, pénalités et assurances
  • La réforme 2021 a introduit des avancées en matière de RSE et dématérialisation
  • Vérifiez toujours les dérogations au CCAG dans le CCAP

Vous souhaitez être accompagné dans vos réponses aux marchés publics ? Notre équipe est là pour vous aider à décrypter les documents contractuels et sécuriser vos offres 🎯

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FAQ : Le CCAG

Toutes les réponses à vos questions

Qu'est-ce qu'un CCAG en marché public ?

Le CCAG (Cahier des Clauses Administratives Générales) est un document officiel approuvé par arrêté ministériel. Il contient les clauses administratives types applicables à une catégorie de marchés publics : paiements, garanties, pénalités, assurances, sous-traitance, réception…

Combien existe-t-il de CCAG différents ?

Il existe 6 CCAG en vigueur depuis 2021 : CCAG Travaux, CCAG Fournitures Courantes et Services (FCS), CCAG Prestations Intellectuelles (PI), CCAG Maîtrise d’Œuvre (MOE), CCAG Techniques de l’Information et de la Communication (TIC) et CCAG Marchés Industriels (MI).

Le CCAG est-il obligatoire dans un marché public ?

Non, le recours au CCAG est facultatif. L’acheteur choisit d’y faire référence ou non dans les documents du marché. Cependant, dans la pratique, l’immense majorité des marchés publics renvoient à un CCAG pour bénéficier de ses clauses standardisées.

Quelle est la différence entre CCAG et CCAP ?

Le CCAG contient les clauses générales applicables à tous les marchés d’une catégorie. Le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) contient les clauses spécifiques au marché concerné. Le CCAP complète le CCAG et peut y déroger expressément.

Où trouver le CCAG applicable à un marché ?

Le CCAG applicable est mentionné dans le règlement de consultation ou le CCAP. Pour télécharger le texte complet, rendez-vous sur Légifrance. Les CCAG ne sont jamais fournis dans le Dossier de Consultation des Entreprises.

Quelles sont les principales nouveautés du CCAG 2021 ?

La réforme 2021 a introduit un nouveau CCAG Maîtrise d’Œuvre, des clauses environnementales et sociales généralisées, l’intégration du RGPD, l’interdiction des ordres de service à zéro euro, la limitation des pénalités et le renforcement de la dématérialisation.

Le CCAG peut-il être modifié par l'acheteur ?

Oui, l’acheteur peut déroger à certaines clauses du CCAG via le CCAP. Ces dérogations doivent être expressément mentionnées. En cas de conflit entre CCAG et CCAP, les dispositions du CCAP prévalent toujours.

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