Vous souhaitez répondre à des appels d’offres publics, mais ne connaissez pas la définition du DQE ? Également appelé le Détail Quantitatif Estimatif, le DQE est directement produit par le pouvoir adjudicateur ; acheteur public pour les intimes, Maître d’Ouvrage pour les marchés publics de travaux. Il revient alors à l’opérateur économique (entreprise) de le compléter suivant le cadre joint.
Concrètement, le DQE est toujours intégré dans le Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) – ce fameux fichier ZIP que vous téléchargez sur les plateformes d’appels d’offres. Le DQE peut également être utilisé dans le cadre d’un marché public de gré à gré, notamment pour encadrer et comparer les prix proposés. Mais à quoi sert exactement ce document ? Quelles différences avec le BPU (Bordereau de Prix Unitaires) ou le DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) ?
👉 Dans cet article, nous allons définir simplement le DQE, expliquer son rôle pour les entreprises et le comparer aux autres annexes financières. De quoi éviter les erreurs courantes et optimiser vos réponses aux marchés publics ! 🚀
Qu’est-ce qu’un DQE ?
À ne pas confondre avec la DPGF ou décomposition du prix global et forfaitaire, ni avec un devis détaillé, le DQE est un document financier utilisé dans le cadre d’appels d’offres. Voyons, plus en détail, son utilité.
DQE définition
Le détail quantitatif estimatif (DQE) est un document utilisé dans les marchés publics à prix unitaires. Il permet de comparer le coût estimatif de certains postes. Pour faire simple, voyez le DQE comme une simulation portant sur les principaux postes de coûts représentatifs du marché. L’objectif pour l’acheteur est de donner une estimation réaliste de ses dépenses à venir en fonction de ses consommations potentielles.
Selon la réglementation ⚖️ en vigueur, le détail quantitatif estimatif est un document non contractuel. Soyez néanmoins vigilant aux informations présentes dans le cahier des clauses administratives particulières (CCAP). En effet, l’acheteur peut décider, en le signalant expressément au sein de ce document, de rendre le DQE contractuel.
Sachez néanmoins que rendre contractuel un DQE pour un acheteur public peut s’avérer risqué ⛔️. En effet, si la clause associée au sein du CCAP n’est pas rédigée avec rigueur juridique, vous pourrez opposer ce document dans son intégralité.
Quel est la différence entre un BPU et un DQE ?
Un DQE doit être le miroir d’un bordereau de prix unitaires. Cela dans l’objectif d’assurer une cohérence entre l’analyse effectuée par l’acheteur et ses commandes futures. Très souvent, attendez-vous à avoir un BPU et un DQE relativement proches.
La grande différence entre un BPU et un DQE étant la suivante : un BPU, comme son nom l’indique, est unitaire, alors qu’un DQE doit indiquer les quantités par poste.
Voici une illustration parfaite du sujet vous permettant d’y voir plus clair : imaginons que vous soyez un fournisseur de matériel de bureau. Dans le BPU, vous devrez indiquer les prix unitaires de certains produits (bureau de secrétariat, bureau de direction, chaise de bureau…). Alors que dans le DQE, vous devrez indiquer le prix de ces fournitures en fonction des quantités estimées ou demandées par l’acheteur (le prix de 5 bureaux de secrétariat, 3 bureaux de direction, 10 chaises de bureau…).
Comment est évalué un DQE ?
Savoir comment est évalué un DQE vous permet de le compléter de manière cohérente et compétitive. Tout d’abord, n’oubliez pas le rôle essentiel du règlement de la consultation (RC) en la matière. Dans ce document, l’acheteur doit préciser ses critères d’évaluation et notamment les pondérations.
Ces pondérations sont importantes car elles peuvent être diverses au sein d’un DQE, je m’explique 👨🏫.
Trop souvent, les acheteurs ont tendance à analyser uniquement le total des prix du DQE. Autrement dit, l’acheteur prendra l’intégralité des totaux DQE des différents candidats, les compareront les uns avec les autres et appliqueront la pondération inscrite au sein du règlement de la consultation. Voici la formule de calcul généralement mise en oeuvre : (prix le plus bas / prix de l’offre analysée) x pondération.
D’autres acheteurs vont mettre en place des règles beaucoup plus fines permettant un jugement bien plus objectif et cohérent. Dans le premier cas, l’acheteur peut appliquer des sous-pondérations. En d’autres termes, certains prix vont être plus ou moins pondérés en fonction de leur importance. Dans un deuxième cas, l’acheteur peut créer un devis caché au sein de votre DQE. Sans vous indiquer les lignes lors de votre réponse à l’appel d’offres, l’acheteur va analyser au sein de votre DQE, uniquement certaines lignes qui constitue, pour ce dernier, un devis caché.
J’espère que cet article pour aidera à mieux comprendre la fonction du DQE. Si tel n’est pas le cas, n’hésitez pas à nous contacter. Et pour celles et ceux qui souhaite se lancer sur les marchés publics, nous mettons à votre disposition une méthode simple à suivre pour maximiser vos chances de réussite 👇
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Comment remplir un DQE étape par étape
Direction le remplissage concret ! Voici la méthode à suivre pour compléter votre DQE de manière compétitive et sans erreur. 📋
Étape 1 : Récupérez le DQE dans le DCE
Le DQE se trouve dans le Dossier de Consultation des Entreprises que vous téléchargez sur la plateforme d’appels d’offres. Il se présente généralement sous forme d’un fichier Excel avec des colonnes pré-remplies par l’acheteur (désignation, unité, quantité). Votre travail : compléter la colonne « prix unitaire ». 📌
Étape 2 : Vérifiez la cohérence avec le BPU
Si un BPU accompagne le DQE (c’est quasi systématique), assurez-vous que vos prix unitaires sont rigoureusement identiques dans les deux documents. Une incohérence entre BPU et DQE est l’une des premières raisons de rejet d’une offre pour irrégularité. ⚠️
Étape 3 : Complétez les prix unitaires poste par poste
Pour chaque ligne du DQE, renseignez votre prix unitaire en vous basant sur votre analyse du CCTP. Intégrez tous vos coûts (matériaux, main-d’œuvre, frais généraux, marge). Et surtout, ne laissez aucune ligne vide (on en voit des dizaines qui font cette erreur !). 🎯
Étape 4 : Vérifiez les formules de calcul
Le fichier Excel contient souvent des formules automatiques. Vérifiez qu’elles fonctionnent correctement après avoir saisi vos prix. Un total qui ne correspond pas à la somme de vos lignes sera immédiatement repéré par l’acheteur. 🤔
Étape 5 : Reportez le total dans l’acte d’engagement
Dernière étape cruciale : le montant total de votre DQE doit être reporté dans votre acte d’engagement (AE). En cas de discordance, c’est le montant de l’AE qui fait foi. Vérifiez deux fois plutôt qu’une (et croyez-nous, ça fait la différence). ✅
Les 5 erreurs à éviter dans votre DQE
Sur le terrain, on voit souvent les mêmes erreurs revenir dans les DQE. Voici les plus fréquentes pour vous aider à les éviter 👇.
Erreur 1 : Laisser des lignes vides
Si le DQE comporte 25 postes et que vous en remplissez 23, les lignes vides seront considérées comme « incluses » dans vos autres prix. Concrètement, vous fournirez ces prestations gratuitement. Remplissez chaque ligne, même les postes qui vous semblent mineurs. ⚠️
Erreur 2 : Modifier les quantités de l’acheteur
Les quantités inscrites dans le DQE sont fixées par l’acheteur. Vous ne devez JAMAIS les modifier, même si vous les trouvez irréalistes. Modifier ces quantités rend votre offre irrégulière et entraîne son rejet automatique. Logique, non ?
Erreur 3 : Confondre prix HT et prix TTC
Le format de prix demandé (HT ou TTC) est précisé dans le CCAP ou le règlement de consultation. Une confusion sur ce point peut rendre votre offre irrégulière. L’erreur qu’on observe le plus souvent : un candidat qui remplit en TTC alors que l’acheteur demande du HT. 💡
Erreur 4 : Incohérence entre DQE et BPU
Vos prix unitaires doivent être strictement identiques dans le DQE et dans le BPU. Un écart, même de quelques centimes, peut entraîner une demande de clarification, voire un rejet pour irrégularité. Pas vrai ? 📋
Erreur 5 : Oublier de reporter le total dans l’AE
Le montant total de votre DQE doit correspondre au prix reporté dans l’acte d’engagement. En cas d’écart, c’est le prix de l’AE qui prime. Si vous avez fait une erreur de report en votre défaveur, vous serez tenu par ce montant. 🔑
Conclusion
Le DQE est un document incontournable des marchés publics à prix unitaires. Bien le comprendre et le compléter correctement, c’est maximiser vos chances de proposer une offre compétitive tout en évitant les pièges qui entraînent des rejets pour irrégularité. 💡
Pour celles et ceux qui souhaitent se lancer sur les appels d’offres, nous mettons à votre disposition une méthode simple à suivre pour maximiser vos chances de réussite 👇.
